‹ Saint Thomas d'AquinChapitre 82 sur 96 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Glorificavit illiint in cjuspectu regum.

ECCLI. XLV, l6.

Le Seigneur l'a glorifié en présence des princes de la terre.

lEU avait parlé par la voix des miracles. Nul doute que Tàme de Thomas d'Aquin ne jouît, dans rÉglise triomphante, de la gloireparticulière réservée aux Saints. Mais il fallait encore que TEglise militante lui rendît de justes honneurs, qu'elle vénérât publiquement ses restes, plaçât ses images sur les autels et invoquât son nom.

Au Vicaire de Jésus-Christ seul, nous l'avons dit, appartient de décerner le triomphe de la canonisation, suprême honneur qu'un héros de la foi puisse, après sa mort, recevoir de l'Eglise, sa Mère.

Jean XXII occupait leSaint-Siège et tenait sa Cour à Avignon. Les Supérieurs de l'Ordre de Saint-Dominique députèrent vers le Pontife Guillaume de Tocco, Prieur de Bénévent, et Robert, religieux de la même maison. En même temps, Robert, roi de Sicile, la reine-mère Marie de Hongrie, veuve du roi Charles II, Philippe, Prince de Tarente, qui portait le titre d'empereur de Constantinople, Jean, duc

2bb LIVRE III. — GLORIFICATION DE SAINT THOMAS.

de Gravina, plusieurs grands seigneurs du royaume, le clergé de Naples et les membres de l'Université, joignaient leurs instances à celles des Frères Prêcheurs pour solliciter la canonisation de leur illustre concitoyen.

On était à Tannée i3i8. Les deux messagers s'embarquèrent à Naples. La galère, munie de deux grandes voiles, avança rapidement. Mais quand on fut près de doubler le Mont Argentarium, ou Port d'Hercule, sur la côte de Toscane, une furieuse tempête se déchaîna, avec des torrents de pluie, au milieu d'une nuit profonde. Le naufrage semblait inévitable. Guillaume et Frère Robert, retirés dans une cabine, se disposaient, par la confession, à paraître devant Dieu. En ce moment, un des mariniers leur cria : a Priez donc vos Saints d'arrêter la « galère qui court se briser sur ce roc. » Tous deux alors invoquèrent avec larmes la Reine des Vierges, étoile de la mer, leur Père saint Dominique, saint Pierre martyr, et enfin le bienheureux Thomas luimême. Ils lui représentaient avec confiance qu'il ne devait pas laisser périr des Frères porteurs des informations relatives à ses miracles... O prodige ! à peine avaient-ils achevé, qu'un vent nouveau souffle du flanc de la montagne, et repousse vers la haute mer la galère désormais en sûreté.

Cette préservation miraculeuse ne fut pas sans influence pour accréditer les deux envoyés auprès du Souverain Pontife. Ils lui exposèrent humblement l'objet de leur message, et lui remirent les lettres de leurs Supérieurs et de la Cour de Naples, à l'effet d'obtenir la nomination de commissaires

apostoliques, chargés d'informer sur les miracles de Frère Thomas d'Aquin.

Le Pape, comme inspiré d'en haut, leur dit: « Nous ne doutons pas que Frère Thomas ne soit a déjà glorieux au ciel, sa vie ayant été sainte et « sa doctrine miraculeuse. » Et, s'adressant au Religieux qui avait fait la proposition : « Nous vous « assignons au prochain consistoire, pour renou- « vêler votre supplique devant nous et nos vénéra- « blés Frères. »

A ces paroles, les cardinaux Dominicains Nicolas de PratOj évêque d'Ostie et doyen du Sacré-Collège, Nicolas de Freauville, du diocèse de Rouen, ancien confesseur de Philippe le Bel, et Guillaume-Pierre de Godieu, évêque de Sabine, communément appelé le cardinal de Bayonne, dirent que la réponse du Saint-Père venait du ciel, et que le procès était en quelque sorte commencé par Dieu lui-même.

Trois jours après, la pétition fut portée au consistoire par Guillaume de Tocco, lequel, aprèsson discours, fut invité par le Souverain Pontife à se retirer. Alors le Pape, animé de cet Esprit qui lui avait dicté sa précédente réponse, dirigea vers les cardinaux, à droite et àgauche, un regard souriant et doux comme Test un rayon de soleil, et leur dit:« Vénérables « Frères, nous considérerons comme une grande a gloire pour nous et pour toute l'Eglise, de cano- « niser ce saint, pourvu que Ton puisse vérifier « quelques miracles dus à son intervention. Car il a « plus illuminé l'Eglise que tous les autres Doc- (' teurs, et dans une seule année on profite plus à la « lecture de ses écrits, qu'on ne le ferait en étudiant

« pendant une vie entière la doctrine des autres « théologiens. »

Les cardinaux s'inclinèrent en fils soumis ; et Jean XXII, après plus ample délibération, nomma trois Prélats : Humbert, archevêque de Naples, Ange, évêque de Viterbe, et Maître Pandulphe de Sabello, notaire apostolique, pour informer juridiquement sur la vie et les miracles dudit Frère Thomas. Le décret fut aussitôt rédigé, lu et accepté en plein consistoire, afin d'éviter jusqu'au moindre retard dans une canonisation que tout le monde avait tant à cœur.

Les deux Frères revinrent de la Cour pontificale avec les Lettres autorisant l'enquête demandée. Mais l'absence de l'évêque de Viterbe, retenu parla maladie, ajourna le commencement de la procédure. Guillaume de Tocco profita de ce délai pour se transporter à Fossa-Nuova, où pendant quatre mois entiers il prit de nouvelles informations sur les miracles sans cesse renouvelés par la Miséricorde divine, pour augmenter la gloire de son serviteur, et accroître la piété des fidèles.

«t Sur ces entrefaites, raconte notre auteur, un moine de Fossa-Nuova, nommé Barthélémy de Sulmona, homme de grande dévotion, au témoignage de son abbé, vit en songe Frère Thomas d'Aquin, qui entrait avec plusieurs Religieux de son Ordre dans le chœur du monastère. Surpris de sa présence, Barthélémy lui en demanda la cause: '( J'ai appris, répondit le Saint, que le Souverain « Pontife a ouvert une enquête sur mes actes ; f c'est pour cela que je suis venu . — Il est vrai

t que vous devez être canonisé, reprit le moine; « cependant Frère Pierre de Morrone n'a été cano- « nisé qu'après sa mort, et vous êtes encore vivant ! » Ces paroles faisaient allusion à la récente canonisation du Pape Célestin V, Pierre de Morrone, dont Clément V venait de fixer la fête au 19 mai. Saint Thomas répliqua : t Mon fils, nul n'est cano- " nisé, s'il n'est vivant ; Frère Pierre de Morrone w est vivant et pour cela canonisé.» S'inclinant alors profondément, comme faisait le saint Pape dans sa cellule, il se mit à lui montrer la manière de prier de ce Saint, et il ajouta : « Frère Pierre a été canonisé « à cause de son grand amour pour l'oraison ; vous 0 chanterez désormais tel invitatoire. » Là-dessus le Frère se réveilla, ne se souvenant plus de l'invitatoire indiqué, mais remerciant Dieu des merveilles qu'il avait contemplées. »

Cependant il semblait que Dieu voulait intéresser les commissaires apostoliques à poursuivre vivement la cause de l'Angélique Docteur. Par son intercession, le premier des trois, Humbert, archevêque de Naples, fut guéri d'une fièvre pourprée très violente, qui devait amener une mort prochaine. Ange, évêque de Viterbe, nous le disions tout à l'heure, n'avait pu se rendre à Naples. Il avait à la jambe un dangereux ulcère, que tout l'art des chirurgiens ne pouvait fermer ; il pria le Saint de le mettre en état de le servir. Le soir même, quand on voulut panser le Prélat, à laplace de l'ulcère on ne trouva plus qu'une tache rougeâtre qui attestait la réalité du miracle.

Le procès s'ouvrit à Naples, au palais archiépiscopal, le samedi 21 juillet i3ig. Guillaume de

Tocco et Robert de Bénévent présentèrent les lettres pontificales, et lecture publique en fut donnée aussitôt ; les évêques écoutèrent tête nue, par respect pour la parole du Souverain Pontife. Le lundi 23, commença l'audition des témoins. Trente-deux personnes, tant religieuses que séculières, furent appelées à déposer. Plusieurs d'entre elles, ayant connu le Saint, conservaient encore fidèlement le souvenir de ses vertus. On leur fit prêter sur l'Evangile le serment de dire l'exacte vérité touchant la vie et les miracles de Frère Thomas d'Aquin. Des secrétaires inscrivaient avec soin les noms, qualités et dépositions des témoins.

Les séances se poursuivirent quinze jours presque consécutifs. Enfin les informations étant achevées, la minute en fut libellée, et signée de Pierre de Rocca-Tarani, notaire pontifical et impérial, et de François de Lauretum, notaire pontifical et royal, à la date du 1 8 septembre, puis scellée pour être ainsi remise au Vicaire de Jésus-Christ.

On chargea de cette commission Matthieu de Viterbe, chapelain de l'archevêque de Naples, et un autre ecclésiastique dont l'histoire n'a pas conservé le nom.

Le Saint voulut reconnaître par diverses faveurs les peines que Ton prenait pour le glorifier. Le mulet qui portait les bagages étant tombé d'un roc très élevé dans un lac qui bordait la route, Maître Matthieu invoqua saint Thomas, et, dans l'instant, la bête sembla comm.e soutenue par des mains invisibles, qui la mirent doucement à la nage et la guidèrent vers le bord.

Quelque temps auparavant, le même chapelain, dans la maison d'un chanoine de Naples, nommé Jacques de Viterbe, avait été saisi d'une fièvre qui mit ses jours en péril. Sur le conseil de son ami, il fit le vœu d'aller avec lui visiter le tombeau du Saint. A l'heure où devait revenir l'accès de fièvre, il se trouva guéri. Néanmoins, ayant pris quelque remède pour obéir au médecin , il eut une dangereuse rechute. Reconnaissant sa faute, il s'en humilia devant Dieu, et invoqua son saint protecteur, qui lui rendit une seconde fois la santé.

Les informations portées à la Cour pontificale y furent favorablement accueillies ; mais, soit que plusieurs formalitéseussent été omises, soit qu'on eût connaissance de plus importants miracles, on procéda en 1 32 1 à une nouvelle enquête au monastèrede Fossa-Nuova. Guillaume deToccoy apporta, comme la première fois, une grande diligence et une profonde sagacité.

Pendant qu'on examinait à Avignon le résultat de cette seconde enquête, un miracle insigne s'accomplit presque sous les yeux du Souverain Pontife. Sa nièce, Marie d'Arnaud, était hydropique, déjà même abandonnée des médecins. Elle ne songeait plus qu'à se préparer à la mort, et à bien recevoir l'indulgence plénière que lui envoya le Pape par Tévêque de Lodève, Bernard Guidonis. Cependant son confesseur la pressa de s'adresser à Frère Thomas, dont la canonisation se préparait alors. Elle le fit avec grande dévotion.

La nuit suivante, ne dormant point, elle vit très distinctement près de son lit saint Thomas en habit

de Prêcheur, lequel lui dit d'une voix pleine de suavité : « Voulez-vous être guérie ? » Et s'apercevant qu'elle le prenait pour un évêque de l'Ordre : (( Je ne suis point, lui dit-il, Tévêque que vouspen- € sez, mais Frère Thomas d'Aquin, auquel vous « avez eu recours. Accomplissez le vœu que vous t avez fait, et vous serez guérie. » La malade appelle sa mère et lui raconte la vision. L'une et Tautre promettent d'envover chaque année, le jour de Noël, un cierge de six livres au couvent le plus rapproché, et de vêtir en entier un Frère du couvent d'Avignon. Au matin, l'hydropisie avait en partie disparu. Mais la dame ne se hâtant pas d'exécuter Tune de ses promesses, le Saint lui apparut de nouveau et lui adressa de graves reproches. Elle accomplit alors son vœu et se trouva parfaitement guérie.

Le moment marqué dans les desseins de Dieu pour la gloritication de son serviteur était enfin venu. Le Pape, ayant consulté les cardinaux en consistoire, résolut de procéder à la canonisation de Thomas d'Aquin, et fixa le 18 juillet i323 pour cette brillante cérémonie : il y avait quarante-neuf ans que le saint Docteur avait quitté la terre.

L'ouverture de la solennité se fit le 17, fête de saint Alexis, dans le couvent des Frères Prêcheurs d'Avignon, en présence du Sacré-Collège, de nombreux archevêques et évêques. de Robert, roi des Deux-Siciles, et de plusieurs princes ou ambassadeurs.

Le Pape développa très éloquemment ce texte tiré du iv^ Livre des Rois : Voici un jour de bonnes nou^

LA Canonisation. 273

velles ; si nous les taisons et attendons jusqu'à demain pour les publier^ on nous taxera de crime; et il rendit hommage aux vertus éminentes et à la profonde doctrine de saint Thomas.

Le P. Gratterei, représentant officiel des Frères Prêcheurs pour la canonisation, remercia Sa Sainteté au nom de lOrdre, et fit, en l'honneur du Saint, un magnifique panégyrique sur ce passage de Job : A ta voix, r aigle prendra son essor, et placera son nid sur les plus hautes cimes.

Robert, roi de Naples et parent du Docteur Angélique, lui-même un des plus savants princes de son siècle, harangua le Pape et le Sacré-Collège, et démontra que Thomas d'Aquin méritait vraiment le triomphe qu'on lui décernait, parce qu'il avait été et qu'il serait, jusqu'à la fin des siècles, une lumière ardente et luisante.

L'archevêque de Capoue, disciple du Saint, releva la gloire de son illustre Maître dans un éloquent discours.

Le P. Raymond Bequin, de Toulouse, Maître du Sacré Palais et plus tard Patriarche de Jérusalem, parla devant l'auguste assemblée avec une rare distinction.

L'archevêque d'Arles et les évêques de Londres et de Winstown en Angleterre prononcèrent les dernières harangues, qui furent fort goûtées.

Le lendemain 18 juillet, toute la ville était en fête ; les travaux avaient cessé, et une foule énorme se pressait dès le matin dans la cathédrale, Notre-Dame des Doms. Le Pape célébra pontificalement la Messe du Saint, et prononça encore une fois son éloge, de-

vant le roi et la reine de Sicile^ les prélats de sa cour, et quantité de personnes de qualité, venus exprès à Avignon pour être témoins de Tauguste cérémonie, ei partager la joie universelle.

La Bulle de canonisation, adressée à tous les Patriarches, Evêques, Abbés et Prélats de la catholicité, est trop étendue pour que nous en donnions la traduction intégralement. Nous nous bornerons à quelques extraits.

Après un brillant exorde surToeuvre par excellence de la Rédemption, le Pape fait un résumé complet de la vie du Saint, et la relation de dix grands miracles dus à son intercession. Ensuite il élève ainsi la voix:

« Tels sont, ô Dieu, vos témoignages, qui, touchant la justice de cet homme, entraînent notre assentiment. En effet, si nous acceptons le témoignage humain, celui de Dieu n'est-il pas plus puissant ? Nous croyons donc que son âme est déjà en possession du ciel, et nous attendons les heureux fruits de son intercession. Nous croyons qu'il brille d'un pur éclat, parmi les saintes phalanges, comme l'étoile du matin. Ainsi, ô bon Jésus, vous nourrissez en nous la foi, fortifiez Tespérance, enflammez l'aimante charité.

« Que TEglise donc, notre Mère, se réjouisse, que l'Italie tressaille, que la Campante, sa terre natale, soit dans l'allégresse, que l'Ordre sacré des Prêcheurs se livre à la jubilation, que la piété des Religieux éclate, que la foule des Docteurs applaudisse; que dans la conquête de la science les adolescents s'animent, les jeunes gens ne s'attardent pas, les hommes mûrs se délectent ; que tous progressent en

humilité, que les parfaits s'attachent de plus en plus à la contemplation, et les fervents à la pratique des divins préceptes.

« Car ce bon et tidèle serviteur a reçu de Dieu un cœur docile aux saints commandements, à la règle des actions et de la doctrine, et, "par la sagesse de son humilité, il a mérité son exaltation. Au milieu de l'Eglise, le Seigneur lui a ouvert la bouche; il l'a rempli de l'esprit de sagesse et d'intelligence, et Ta revêtu d'un manteau de gloire.

« Comme le bon ordre demande que l'Eglise qui milite sur la terre suive en tout celle qui triomphe dans les cieux, il faut qu'elle entoure d'une particulière vénération un Saint dont le Seigneur veut attester la place glorieuse parmi les phalanges du ciel.

« Nous avons examiné et discuté la sainte vie et les miracles de ce confesseur, non pas une seule fois, mais une première et une seconde; non pas à la hâte, mais avec maturité, appelant même à notre aide pour cette enquête nos Frères les Cardinaux de la sainte Eglise romaine, afin d'obtenir en si difficile affaire un résultat plus décisif et plus certain, par une plus sage circonspection et une procédure plus minutieuse...

« Grâce à notre sollicitude et à celle de Nos Vénérables Frères, ayant parfaitement constaté la sainteté de sa vie et l'authenticité de ses miracles ; cédant déplus aux humbles et pieuses supplications à nous adressées par les Prélats nombreux, présents à la Cour apostolique ; sur les conseils et l'assentiment des Cardinaux, nos Frères; par l'autorité du Dieu tout-puissant, Père, Fils et Saint-Esprit,

ainsi que parcelle des Bienheureux Apôtres Pierre et Paul, nous l'avons jugé digne d^être inscrit au catalogue des saints Confesseurs.

« C'est pourquoi Nous vous avertissons tous et exhortons, vous commandant au besoin, par ces Lettres Apostoliques, de célébrer dévotement et solennellement la fête de ce confesseur, le septième jour de mars et de la faire célébrer par ceux qui dépendent devons, avec la vénération qui lui est due.

« Pour rendre plus fervente et plus empressée Taffluence du peuple chrétien auprès du vénérable sépulcre, et entourer d'un plus grand éclat la fête de ce confesseur, à tous les fidèles vraiment contrits et confessés, qui, chaque année, dans ce jour, visiteront dévotement le tombeau du Saint pour implorer sa protection, Nous accordons, par l'autorité du Dieu tout-puissant, et des Bienheureux Apôtres Pierre et Paul, un an et quarante jours d'indulgence; et à ceux qui accompliront ce même acte de piété dans les sept jours qui suivent la fête. Nous remettons encore cent jours delà peine qu'ils auraient encourue pour leurs péchés.

« Donné à Avignon, le i5 des calendes d'août — 18 juillet, — de Notre Pontificat l'an septième. »

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