SAINT THOMAS DAQUIN ET S. S. LEON XIII
Telles sont les dispositions prises par Léon XIII. et dont témoigne une lettre écrite proprio motu, le 18 janvier 1880.
Le 3 octobre de la même année, le cardinal Siméoni, préfet de la Propagande, bénissait le local, et, environ deux ans après, il présentait au Saint-Père le premier volume, édité à trois formats, et contenant lout d'abord une dédicace à Léon XIII et les actes pontificaux ayant trait à la restauration de la philosophie chrétienne.
f Je suis fort content de ce premier volume, dit le Pape aux éditeurs, et Je voudrais déjà voir cette entreprise terminée, afin qu'il n'y eût plus un collègC; plus un séminaire, où l'on ne trouvât aux mains des maîtres et des élèves les œuvres de saint Thomas d'Aquin, au moins les deux Sommes, dans un texte aussi conforme que possible à Toriginal. »
Ainsi le Père des fidèles opérait une heureuse restauration en présentant aux esprits éclairés de l'univers catholique le plus savant des saints\\\ lui restait à prendre uneautre mesure non moins heureuse, en excitant la dévotion des chrétiens envers le plus saint des savants. C'est l'objet des nouvelles Lettres Apostoliques, données en forme de 5r^, le 4 août 1880, une année, jour pour jour, après la promulgation de Tencvclique ^ terni Pat ris.
Ce n'est point à l'aide d'une pâle analyse, mais bien plutôt dans le document pontifical lui-même, que la jeunesse des écoles catholiques doit apprendre les motifs qui ont déterminé le Saint-Père à lui donner saint Thomas d'Aquin pour Patron Aussi la
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traduction du Bref suivra-t-elle immédiatement ce chapitre.
Du moins importe-t-il de remarquer ici que le monde chrétien salua pareillement avec acclamation le nouvel hommage rendu au Docteur Angélique par le Vicaire de Jésus-Christ. Depuis lors, la fêle du Patron céleste se célèbre chaque année dans les Universités, collèges et écoles catholiques avec une solennité inconnue jusque-là. Le matin, maîtres et disciples s'assemblent au pied des autels, pour demander au Dieu de l'Eucharistie, dont Thomas d'Aquin fut et demeure le Chantre immorteU la pureté qui affine l'esprit pour pénétrer plus avant dans les mystères de la science, et qui dispose le coeur aux plus nobles vertus. Le soir, dans des séances académiques, qui réunissent un auditoire érudit et brillant, l'éloquence, la poésie, la musique rivalisent tour à tour dans l'expression de leurs louanges pour le Prince des Docteurs.^
Aux évêques qui lui en font la demande, le Pape accorde le renvoi delà solennité religieuse au dimanche qui suit le 7 mars^ avec une indulgence plénière pour les professeurs et les élèves des écoles catholiques.
En outre, Sa Sainteté attache des indulgences partielles à nombreuses prières composées par saint Thomas, et publiées en divers petits recueils à l'usage de la jeunesse.
Enfin le Pape veut que la liturgie rappelle à jamais l'acte par lequel il a institué saint Thomas Patron des écoles. Sur son ordre, une addition est faite à V Eloge du Saint dans le Martyrologe; et les leçons du
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second nocturne, retouchées par une main non nîoins docte que pieuse, après avoir présenté un admirable résumé de la vie de TAngélique Docteur, concluent ainsi : (t Exauçant les demandes et les vœux de presque tous les Prélats de l'univers chrétien, Léon XIIl, pour ;^la confusion de tant de systèmes philosophiques qui détournent les âmes de la vérité, pour l'accroissement des sciences et l'utilité commune du genre humain, après avoir consulté la Sacrée Congrégation des Rites, a, par Lettres Apostoliques, déclaré et institué Thomas d'Aquin, Patron céleste de toutes les écoles catholiques. »
De son côté, la numismatique consacrera la réintégration de l'enseignement thomiste dans les chaires de philosophie et de théologie. Selon un vieil usage, chaque année, à l'occasion de la fête de saint Pierre, le Souverain Pontife fait frapper une médaille commémorative du fait saillant de l'année. La médaille de 1880 porte d'un côté l'effigie de Léon XIII, et au revers saint Thomas debout, accueillant d^une main la Philosophie scolastique, et lui montrant de Tautre la Théologie sa gracieuse Souveraine, à laquelle elle doit toujours rendre hommage. On lit en exergue une inscription latine : « Alliance renouvelée de la science divine et de la science humaine, » et autour de la médaille : « La doctrine de saint Thomas ramenée à son antique gloire. »
Ce n'est pas encore tout. Le nouveau triomphe de Thomas d'Aquin inspire à un artiste français une magnifique peinture, imitée du tableau de Benozzo di Gozzoli, avec cette différence que les personnages qui encadrent la figure du Docteur Angélique sont d'une