Rectification et réfutation des critiques faites à Thoas
glais Robert d'Herford et Guillaume de Mac- KEFiELD écrivirent dés apolo^àes analogues de la doctrine thomiste, qui ne paraissent pas avoir été conservées. Un autre anglais, Thomas de SuTTOiN, fut un défenseur enthousiaste et un sûr interprète de l'Aquinate.
Le connaisseur et le champion le plus important du thomisme au commencement duxiv^ siè cle est Hervé NATALis(t 1323), disciple média de saint Thomas, qui, comme général d'Ordre travailla à sa canonisation et la vit se réaliser." Une bonne partie de ses écrits, encore inédits, pour la plupart, est consacrée à la défense de* TAqùinate contre Henri de Gand, Duns Scot,' Durand, Aureolus, Godefroyde Fontaines, etc.: Nul doute que ce thomiste n'ait contribué beau-! coup à faire du système de l'Aquinate, la doctrine de son Ordre, et à lui assurer dans la scolastique l'inßuence la plus considérable. Un thomiste influent du xiv"" siècle fut Pierre de Palude (t 1342), chez lequel on renjontre souvent l'expression « doctor noster frater Thomas » Durand d'Aurillag (f 1380) écrivit une réponse aux attaques de Durand de Saint- Pourçain contre Thomas d'Aquin. La défense la plus considérable, la plus décisive, la plus pro-j fonde du système thomiste fut écrite au xv* siècle par Jean Capreolus (f 1444), le « Prince des tho-
mistes ». Les Defensiones Theologiae DLvi T/iomae Aquinatis ^ de ce dominicain, présentent la première codification générale de la doctrine de l'Aquinate, et constituent un règlement de comptes complet avec les adversaires du thomisme (surtout avec Scot, Aureolus, Durand, Occam, Grégoire de Rimini).
Que la doctrine de saint Thomas ait obtenu, d'abord dans l'Ordre dominicain, puis en dehors de lui, la place et l'estime qui répondaient à sa valeur, elle le doit, indépendamment des efforts des disciples du maître, que nous venons de décrire, à I'interveistion résolue de l'Ordre dans ses chapitres généraux et provinciaux. En voici quelques exemples seulement. Le chapitre général de Milan, en 1278, envoya deux lecteurs en Angleterre, avec mission de blâmer sévèrement les Frères qui s'y étaient exprimés défavorablement sur les écrits du vénérable Frère Thomas. Des décisions et des mesures semblables- furent renouvelées aux chapitres généraux de Paris en 1279 et en 1286. Le chapitre général de Saragosse en 1309 désigna la doctrine de saint Thomas comme la règle à suivre dans les études de l'Ordre. Au chapitre généraFde Metz en 13 13, la doctrina
i. f Défense de la Théologie de saint Thomas, i
venerabilis doctoris fratris Thomae de Aquino fut célébrée comme « sanior et communior * ; » et il fut décidé qu'aucun membre de l'Ordre ne serait envoyé prendre ses grades académiques à Paris avant d'avoir étudié Thomas pendant trois ans. Prescriptions et éloges augmentent, aux chapitres généraux de Bologne en 13 15 et 1329, de Carcassone en 1342, de Madrid en 1346. Pour citer aussi un concile provincial : celui de la province romaine qui se tint à Arezzo en 13 15, suspendit pour deux ans de son enseignement et condamna à dix jours de jeûne au pain et à l'eau un certain frère Hubert Guidi, parce qu'il avait parlé contre Thomas. Inutile de faire remarquer que ces manifestations, qui se prolongent jusqu'au milieu du xiv° siècle, permettent de conclure à l'existence d'un courant anti-thomiste assez important dans l'ordre même des dominicains.
Enfin, comme un élément très important pour la victoire de la doctrine thomiste, il faut considérer encore la ferme intervention, des PAPES EN faveur DE l'Aquinate. L'acte le plus important de la suprême autorité ecclésiastique fut la canonisation de saint Thomas par le pape Jean XXII, le 18 juillet 1323. A cette
I. f La doctrine du vénérable docteur Thomas d'Aquin comme la plus saine et la plus commune des doctrines. »
occasion, le pape donna au saint cet honorable témoignage : « 11 a opéré tant de prodiges qu'il a écrit d'articles. » Un effet incontestable de la canonisation fut une ordonnance de l'évêque de Paris, Etienne de Borreto, le 14 février 1324, par laquelle il rapportait la condamnation de propositions thomistes promulguée par son prédécesseur Etienne Tempier (7 mars 1277).
Jean XXII fit aussi entreprendre en 1327, par le dominicain Guillaume Dulcini, un tableau plus précis des écrits de TAquinate.
Les successeurs de Jean XXII, jusqu'à Léon XIII et Pie X ont célébré et défendu eux ciussi la personne et la doctrine de saint Thomas. Un exposé plus détaillé de l'histoire du thomisme jusqu'à nos jours ne rentre pas dans le cadre de cet opuscule. « Le sort de la Somme théologique fut celui de la science ecclésiastique *. » Il ne s'agit pour nous que de décrire les luttes et les difficultés parmi lesquelles, après la mort de l'Aquinate, sa doctrine eut à se frayer un chemin pour s'imposer.
Remarquons encore, pour finir, que même
DANS LA THÉOLOGIE BYZANTINE, aU décHn du
moyen-âge, Thomas d'Aquin jouit d'une haute considération. .Sa Somme théologique, la