‹ Saint Thomas d'Aquin, patron des écoles catholiquesChapitre 24 sur 85 · L ECOLIER DU MONT-CASSIN · texte numérisé non relu

L ECOLIER DU MONT-CASSIN

Dédit un coram prcecepta, et legcm vit.x et disciplina. EccL. XLV, 6.

Le Seigneur dirigea son cœur vers les préceptes, et la loi dévie et de doctrine.

Thomas achevait sa cinquième année; les soins que réclame la première enfance ne lui étaient plus nécessaires, et le comte d'Aquin crut le moment venu de procurer à son fils une éducation plus virile et une instruction plus élevée, en dehors de la maison paternelle.

Mais à quels maîtres le confier? Le choix ne fut pas long. L'abbaye du Mont-Cassin, avons-nous dit, n'était qu'à deux lieues de Rocca-Secca. Fondée par saint Benoît, peu après la naissance de son institut à Subiaco, elle était regardée comme la capitale de l'ordre monastique en occident. C'est là que le saint patriarche avait fini sa carrière ; c'est

là qu'on vénérait son tombeau, avec celui de sainte Scholastique, sa sœur : tombeaux vides, il est vrai, depuis que les précieux corps en avaient été secrètement retirés l'an 647, et transportés dans les Gaules, à Floriacum, aujourd'hui Saint-Benoîtsur-Loire.

Au Mont-Cassin, de même que dans les autres abbayes bénédictines, existait une école où de jeunes enfants étaient admis à recevoir la culture de l'esprit et du cœur.

Les plus nobles familles y envoyaient leurs fils. Du temps même de saint Benoît, nous voyons le patrice romain Tertullus lui confier le jeune Placide encore enfant, et le sénateur Equitius, son fils Maur, adolescent de grande espérance, tous deux illustres parmi les premiers disciples du saint patriarche.

Au terme seulement de leur éducation littéraire, ces jeunes gens regagnaient le foyer de la famille. Mais il n'était pas rare qu'épris des charmes de la solitude, et subjugués par la vertu de leurs saints maîtres, ils renonçassent pour jamais au monde. Aussi les écoles monastiques du moyen âge devenaient-elles pour la vie religieuse de riches et fécondes pépinières.

Est-il permis de voir dans ces institutions admirables le type de nos collèges ecclésiastiques et de nos petits séminaires ? Sans aucun doute. Les petits séminaires en particulier sont, dans la pensée de l'Eglise, des écoles de science et de perfec-

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tion. Une jeunesse d'élite y reçoit l'enseignement de maîtres instruits et dévoués. Combien de prêtres vénérables , cachés dans l'obscurité d'une maison d'éducation, sacrifient chaque jour au service de l'enfance et de la jeunesse, comme jadis les moines bénédictins, des talents et des vertus, qui auraient jeté un vif éclat au rang supérieur de la hiérarchie sacerdotale !...

Mais si nos collèges chrétiens sont établis sur le modèle des institutions monastiques d'autrefois, les Ecoles apostoliques, de fondation récente, en présentent une copie peut-être plus fidèle encore.

A quels élèves s'ouvrent ces écoles? A ceux que recommandent une naissance sans tache et une enfance sans souillure, et qui, doués d'une intelligence plus qu'ordinaire, ont avec le goût de l'étude le désir de se donner tout à Dieu. La fortune leur a-t-elle été refusée, ces enfants sont reçus gratuitement ainsi qu'il se pratiquait dans les écoles monastiques. Des âmes généreuses procurent, en totalité ou en partie, l'entretien d'un aspirant à la vie apostolique, dans la pensée que celui-ci devenu prêtre, missionnaire, portera chaque jour à l'autel le souvenir de ses bienfaiteurs, et les rendra participants de ses mérites. Soumis à une règle en rapport avec leur âge, formés peu à peu aux vertus religieuses et apostoliques, initiés, bien qu'en une mesure restreinte, à la divine psalmodie, honorés de l'habit ecclésiastique, ou, à certaines heures,

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d'un vêtement de chœur non sans quelque ressemblance avec celui des religieux, ces jeunes gens sont comme des plantes choisies dans le parterre de la sainte Eglise. Quel milieu favorable pour l'épanouissement d'une vocation ! Que ne peut-on pas attendre d'un jeune homme soustrait à l'influence délétère du mal, avant que le péché ait obscurci son intelligence et flétri son cœur !

Toutefois, c'est dans la plénitude de sa liberté, que V Apostolique, écoutant l'appel de Dieu, sollicite la faveur de devenir le frère en Religion de ceux dont il n'a été jusqu'ici que le disciple. Passant tranquillement de l'école au noviciat, il y transporte les premiers germes des vertus monastiques, et, fidèle à la grâce, devient plus tard la joie de ses supérieurs, le soutien de son ordre, la consolation de l'Eglise.

Telle est l'idée que nous pouvons nous faire de l'école du Mont-Cassin, à l'époque où Thomas y fit son entrée.

En plaçant son fils dans cette maison, le comte d'Aquin eut-il l'intention arrêtée de le donner à l'ordre, pourvu que l'enfant ratifiât plus tard cette consécration ? La déposition d'un témoin au procès de canonisation le ferait croire, et donnerait même àentendre que les pensées secrètes du comte avaient une plus haute visée. « Le père, dit Barthélémy de Capoue, chancelier et protonotaire du royaume de Sicile, le père présenta Fr. Thomas tout enfant,

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