DEVOTION ENVERS JESUS-CHRIST, LA SAINTE VIERGE, LES SAINTS
Altaria lii.t, Domine virtutum.
Ps. Lxx.xin, 4.
A moi vos autels, ô Dieu des vertus.
Saint Thomas eut donc, à un degré éminent, l'esprit de prière. Cherchons à quelles sources s'alimentait cet esprit, vie et force de l'âme. Ouvrons de nouveau le livre qui nous a déjà plusieurs fois instruits : ouvrons, lisons, édifionsnous.
<^. Frère Thomas avait une dévotion singulière
pour le très saint Sacrement. De même qu'il lui
'avait été accordé d'écrire avec plus de profondeur
sur ce mystère, il lui fut donné aussi de le célé-
Ibrer avec une piété plus tendre.
« Chaque jour, il disait la messe, en entendait une autre, qu'il servait souvent, avant même
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d'avoir déposé tous les ornements sacerdotaux. Si, pour cause d'infirmité ou quelque autre motif, il n'avait pu offrir le saint sacrifice, il assistait à deux messes consécutives.
« Pendant qu'il célébrait, le saint docteur éprouvait fréquemment de tels transports, que son visage était tout inondé de larmes ; c'est alors que son âme puisait avec abondance aux lumières et aux grâces dont cet auguste sacrement est la source.
« Un dimanche de la Passion, au couvent de Naples, Fr. Thomas semblait dire la messe avec plus de dévotion encore que de coutume. Tout à coup, les assistants, parmi lesquels se trouvaient plusieurs officiers de l'armée, le virent absorbé par la sublimité des mystères de l'autel. On eût dit qu'il assistait à la scène du Calvaire, et ressentait en lui-même les souffrances de l'Homme-Dieu. C'est ce que démontraient le ravissement de son esprit et les larmes qui couvraient ses joues. Comme cet état se prolongeait, quelques Frères s'approchèrent de lui, pour l'inviter à poursuivre le saint sacrifice, et, le tirant par ses habits, ils parvinrent aie faire revenir de cette extase.
« La messe finie, plusieurs religieux jouissant de son intimité, le prièrent de leur dire ce qu'il avait éprouvé. Mais le saint refusa de les satisfaire, confus d'avoir à révéler les divins secrets. »
Depuis que, pour parler le langage des Ecritures, Vabune de la misère humaine iipprllr Vablnu'
DÉVOTION ENVERS JESUS-CHRIST lOI
de la clémence infinie, et que le Très-Haut, joignant les extrêmes, s'est incarné dans le sein d'une Vierge pour habiter parmi nous, la religion, lien sacré qui unit la créature au Créateur, a pris une forme nouvelle et sublime. Le fondement du culte chrétien, c'est Jésus-Christ, Homme-Dieu, régnant au ciel, mais en même temps réellement et substantiellement présent au Sacrement de son amour.
L'Eucharistie est le centre vers lequel tout converge ; et la messe, dans laquelle Jésus-Christ, Prêtre invisible, s'offre comme victime à la majesté de son Père, est l'acte solennel, l'acte par excellence de la religion.
Au regard de la foi, rien n'égale ici-bas le ministère du prêtre exerçant les fonctions de son sacerdoce. Mais, après l'honneur réservé au ministre sacré, en est-il un qui approche de celui du clerc servant à l'autel ?
Comme le prêtre, il est au milieu des anges, spectateurs invisibles de l'oblation sainte ; et, grâce au concours plus immédiat qu'il prête à la célébration des divins mystères, il en recueille des fruits plus abondants que les fidèles simplement présents dans le saint lieu.
Vérités oubliées ou trop peu connues ! Saint Thomas d'Aquin, par son exemple, non moins que par sa doctrine, les enseigne à tous, mais plus spécialement aux jeunes enfants chargés, d'après l'usage, d'une fonction dont les séraphins eux-mêmes ne s'acquitteraient qu'en tremblant.
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Si la messe est l'acte par excellence du culte catholique, la communion est la plus riche des pratiques chrétiennes. Mais, pour être vraiment la source de tous les biens, elle requiert, avec la pureté de conscience, une fervente préparation et une fervente action de grâces. Nul ne comprit mieuxcedevoirque le Docteur eucharistique: aussi, mettant sa science au service de sa foi, composat-il un certain nombre de prières très pieuses que l'Eglise a recueillies, et qu'elle propose à ses ministres, lorsqu'ils sont sur le point de monter à l'autel ou qu'ils en descendent.
A saint Thomas, d'après quelques auteurs et plusieurs livres liturgiques, appartient la dévote prière qui commence par ces mots :
Ai?7e de Jésus, sanctifier-moi !
prière favorite de saint Ignace de Loyola.
VAdoro te, cette hymne dont chaque strophe exhale un parfum si suave d'adoration et d'amour, est un des chefs-d'œuvre de ce chantre inspiré. Citons, pour exemple, en les traduisant, la première et la dernière strophe :
0 Dieu vraiment caché sous cette Hostie, Je vous adore, et je tombe à genoux ! A votre aspect mon âme anéantie, Sans hésiter se soumet toute à vous.