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CHAPITRE X

Corona trihuetur in gcnerationsm et

gencrationem.

Prov., XXVII, 34.

Une couronne sera posée sur son front pour les siècles des siècles.

Près d'avoir accompli notre tâche et de prendre congé de nos bien-aimés lecteurs, nous associons dans le titre de ce chapitre, dixième et dernier, les noms de saint Thomas d'Aquin et de Léon XIII. Qu'on n'en soit pas surpris.

A l'acte solennel par lequel le Vicaire de Jésus- Christ a déclaré Thomas d'Aquin patron de toutes les écoles catholiques, est due la pensée de cet ouvrage : son meilleur couronnement sera le résumé succinct des actes du même pontife pour la glorification de notre saint docteur.

Léon XllI, n'étant encore que le cardinal Joachim Pecci, manifestait hautement son admiration

pour la doctrine de l'Ange de l'école. Dès 1S59, il instituait à Pérouse une académie spéciale de Saint- Thomas d'Aquin, aux séances de laquelle il aimait à prendre part.

Bientôt la Somme théologique devenait le manuel de son séminaire diocésain, et plus tard il mettait aux mains de ses étudiants en philosophie le Cours de Philosophie thomiste du R. P. Zigliara, régent de la Minerve, avec lequel on le voyait souvent s'entretenir.

Au mois de juin 1875, l'archevêque de Pérouse généralisait une pensée émise par l'archevêque de Naples, en rédigeant une éloquente supplique à Pie IX, de sainte et illustre mémoire, afin qu'il daignât proclamer saint Thomas patron des universités, académies et écoles catholiques du monde entier. Plusieurs cardinaux, près de deux cents archevêques et évêques, et vingt-sept Généraux d'ordres religieux signaient avec lui.

Au pape' Léon XIII était réservé l'honneur d'exaucer les vœux du cardinal Pecci.

Le nouveau pontife venait à peine de s'asseoir sur le siège de saint Pierre, qu'il laissait voir sa pensée relativement à la doctrine de saint Thomas. Aux élèves des séminaires de la Ville éternelle il recommande l'étude de la philosophie ''': d'après l'excellente méthode et les principes très sûrs qu'ont suivis les plus illustres maîtres de la sagesse chrétienne et pi'incipalement le Docteur angélique. »

A des prêtres de divers diocèses il parle dans le même sens.

Dans une réponse aux RR. PP. Jésuites de Woodstock (Maryland), qui lui ont fait hommage de leurs Leçons de théologie dogmatique, on lit ces remarquables paroles : « Il est d'une souveraine importance que le clergé soit pénétré de doctrines solides et sûres, résultat qui sera certainement obtenu, si la doctrine de saint Thomas fleurit dans vos écoles... »

Dans le courant de 1876, un autographe de la Somme contre les Gentils., conservé dans une bibliothèque privée de Bergame, avait été racheté par une souscription de l'évêque, du clergé et des fidèles, pour être offert à Pie IX. Le Saint-Père en avait témoigné une grande satisfaction, et avait voulu qu'on l'imprimât aux frais de la Propagande, Ce fut le nouveau pape qui en eut la dédicace. En remerciant l'éditeur de son gracieux hommage, et en encourageant ses travaux, Sa Sainteté ajoute : « Plaise à Dieu que les auti'es autographes du saint docteur échappés aux ravages du temps, s'ils gisent quelque part dans la poussière, puissent être retrouvés et mis- en sûreté ! »

En juin 1879, le pape fait venir de Naples un savant professeur pour occuper une chaire importante du Séminaire romain ; la raison qu'il donne de son choix, c'est qu'il veut voir refleurir dans £et athénée les doctrines de saint Thomas.

Malgré leur valeur incontestable, les actes que

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nous venons de rapporter n'étaient encore que des prémisses; la conclusion magistrale, c'est l'encyclique ^Sterni Patris.

Dans cet impérissable monument, après des considérations grandioses sur l'importance d'une saine philosophie pour servir de base au dogme chrétien, se trouve un des plus magnifiques éloges de saint Thomas émanés du Siège apostolique :

« Entre tous les docteurs scolastiques, brille d'un éclat sans pareil leur prince et maître à tous, Thomas d'Aquin, lequel, ainsi que le remarque Cajetan, pour avoir profondément vénéré les saints docteurs qui Vont précédé, a hérité en quelque sorte de l'intelligence de tous. Thomas recueillit leurs doctrines, comme tous les membres dispersés d'un même corps; il les réunit, les classa dans un ordre admirable et les enrichit tellement, qu'on le considère lui-même, à juste titre, comme le défenseur spécial et l'honneur de l'Eglise.

« D'un esprit docile et pénétrant, d'une mémoire facile et sûre, d'une intégrité parfaite de mœurs, n'ayant d'autre amour que celui de la vérité, tfès riche de la science tant. divine qu'humaine, justement comparé au soleil, il réchauffe la terre par le rayonnement de ses vertus, et la remplit de la splendeur de sa doctrine,

« En même temps qu'il distingue parfaitement, comme il convient, la raison d'avec la foi, il les unit toutes deux par les liens d'une mutuelle amitié : il conserve ainsi ses droits à chacune, il sauvegarde

leur dignité, de telle sorte que la raison, portée sur les ailes de Thomas jusqu'au faîte de l'intelligence humaine, ne peut guère monter plus haut, et que la foi peut à peine espérer de la raison des secours plus nombreux ou plus efficaces que ceux que Thomas lui fournit...

« Il ne faut donc pas s'étonner de l'immense enthousiasme des siècles précédents pour les écrits du saint docteur. Presque tous les fondateurs et législateurs d'ordres religieux ont ordonné à leurs sujets d'étudier la doctrine de saint Thomas et de s'y tenir religieusement; ils ont pourvu d'avance à ce qu'il ne fût permis à aucun d'eux de s'écarter impunément, ne fût-ce que sur le moindre point, des vestiges d'un si grand homme. Sans parler de la famille dominicaine, qui revendique cet illustre maître comme une gloire lui appartenant en propre, les Bénédictins, les Carmes, les Augustins, la Société de Jésus, et plusieurs autres ordres religieux se sont imposé cette loi, comme le témoignent leurs statuts respectifs.

« Et ici, c'est vraiment avec délices que l'esprit s'envole vers ces écoles et ces académies célèbres et jadis florissantes de Paris, Salamanque, Alcala, Douai, Toulouse, Louvain, Padoue, Bologne, Naples, Coïmbre et autres en grand nombre. Personne n'ignore que la gloire de ces académies crut en quelque sorte avec l'âge; on sait aussi que dans ces nobles asiles de la sagesse humaine, Thomas régnait en prince, comme dans son propre empire.

« Il y a plus : les pontifes romains ont honoré la sagesse de Thomas d'Aquin par de singuliers éloges et les attestations les plus amples. »

Et Léon XIII cite en cet endroit plusieurs des témoignages qu'on a lus dans l'avant-dernier chapitre.

Mêmes hommages de la part des assemblées œcuméniques de l'Eglise.

'< Dans les conciles de Lyon, de Vienne, de Florence, de Trente, du Vatican, on eût cru voir Thomas prendre part, présider même en quelque sorte, aux délibérations et aux décrets des Pères, et combattre, avec une vigueur invincible et le plus heureux succès, les erreurs des Grecs, des hérétiques et des rationalistes...

« Enfin une dernière palme semble avoir été réservée à cet homme incomparable : il a su arracher aux ennemis mêmes du nom catholique le tribut de leurs éloges et de leur admiration... »

Le pape conclut « en exhortant, de la manière la plus pressante, ses Vénérables Frères à remettre en vigueur et à propager de tout leur pouvoir la doctrine vraiment d'or de saint Thomas, et ce, pour la défense et Voriieineiit de la foi catholique, pour le bien de la société, pour l'avancement de toutes les sciences. »

Cette encyclique si imposante et si solennelle causa dans l'univers chrétien la plus vive émotion. Les adhésions arrivèrent de toutes parts : de l'épiscopat, des chefs d'ordres, des universités catholi-

ques, des théologiens les plus autorisés, et donnèrent au souverain pontife l'occasion d'accentuer avec encore plus d'énergie ses conclusions.

Le cardinal Nina, secrétaire d'Etat, écrivant au nom du pape, le 27 octobre, à l'archevêque de Bologne et à ses suffragants ; le 28, à l'archevêque de Turin et à ses suffragants; le 29, au Vicaire général des Frères Prêcheurs, dit en propres termes dans chacune de ses lettres : « Le Saint-Père désire extrêmement que son encyclique ait tin résultat pratique et une vaste application, non seulement à Rome, mais encore dans toutes les autres cités du monde chrétien. »

Que de fois dans ses relations avec les Pasteurs de divers diocèses, Léon XIII se plaît à recommander les règles qu'il a tracées pour les hautes études en philosophie et théologie ! Nous en avons comme preuves un bref aux évêques de Belgique, un autre aux évêques d'Irlande, une encyclique à tous les archevêques et évêques d'Italie, un bref à l'cvêque de Plaisance, un autre aux évêques de Turin, Milan et Verceil...

A ces derniers il écrit : « Nos lettres encycliques du 4 août 1879 disent ouvertement Nos désirs et Nos vœux pour que la jeunesse soit formée dans la doctrine de saint Thomas d'Aquin, doctrine puissante en tout temps pour la sage culture des intelligences, mais devenue plus opportune que jamais pour la réfutation des erreurs funestes qui ont jeté tant d'esprits hors de la vraie voie. >

Reçoit-il en audiences publiques ou privées des ecclésiastiques, des religieux ou des membres de savantes académies, le pape trouve moyen de leur parler de saint Thomas, de la splendeur de ses doctrines, de l'accueil sympathique fait à l'encyclique.

Le 7 mars de l'année qui suivit la publication de ce document, deux mille savants étrangers, de tout pays, étaient rassemblés à Rome pour fêter l'angélique docteur, et porter au Saint-Père le respectueux hommage de leur adhésion. Le pape les admit en audience solennelle ; il était entouré de vingt-cinq cardinaux.

« En remettant en honneur la doctrine de saint Thomas, leur dit-il, faisons-nous autre chose que proposer un modèle où tout ce que peut la vertu, tout ce que peut la science, brille du plus vif éclat, en la personne d'un homme complètement versé dans toutes les sciences divines et humaines, d'un homme que tant de siècles ont comblé d'honneurs, et qui a été comparé aux esprits angéliques euxmêmes?»

Le soir du même jour, une fête littéraire était donnée à ces étrangers et à l'élite de la société romaine par l'Académie des Arcades, savante compagnie, fondée en 1690, et offrant cette particularité que chacun de ses membres prend le nom d'un ancien pasteur de la Grèce. Léon XIII en fait partie ; mais, depuis son élévation au rang suprême, il a reçu un nouveau nom et s'appelle Pastor Maxnmis, le Pasteur Maxime ou Très Grand.

Notre glorieux pontife n'est pas seulement l'homme de la parole, il est, dans un degré non moindre, l'homme de l'action : nul ne sait mieux que lui poursuivre la réalisation d'un noble dessein.

Deux mois après l'apparition de l'encyclique, il adressait au cardinal de Luca, préfet de la Sacrée Congrégation des études, une lettre importante dans laquelle, précisant sa pensée, il chargeait réminent cardinal de préparer au plus tôt, à Rome, la fondation d'une Académie, qui fût comme la tête et le cœur des autres académies établies ou à établir, par tout le monde chrétien, pour la diffusion et la direction de l'enseignement thomiste.

Le 8 mai 1880, était inaugurée V Académie romaine de Saint-Thomas d'Aqitin. Elle se compose de trente membres, dont dix résident à Rome, dix en Italie, les autres à l'étranger. Ses présidents sontle docte cardinal Jos. Pecci, frère de Sa Sainteté, et le cardinal dominicain Zigliara, natif de Bonifacio, à ce titre une gloire française.

Léon XIII a pris sur sa cassette particulière de quoi doter cette Académie, laquelle publie, deux fois par an, dans une revue périodique, les travaux de ses membres, et même ceux des autres savants catholiques, sur la doctrine de saint Thomas.

Outre le projet de l'Académie romaine de Saint- Thomas d'Aquin, le souverain pontife exprimait, dans sa lettre au cardinal de Luca, l'intention de

faire éditer à nouveau les œuvres du grand docteur. En cela il suivait les traces de son prédécesseur saint Pie V, qui donna, en dix-huit volumes infolio, une édition, réputée la meilleure de toutes, mais devenue fort rare.

On n'épargnera rien pour rendre la nouvelle publication vraiment splendide. Les éditeurs seront les Dominicains de Rome, sous le haut patronage de leur éminent cardinal ; ils veilleront avec un soin extrême à l'intégrité du texte, et y ajouteront les commentaires des interprètes les plus illustres de leur ordre, tels que Thomas de Vio, cardinal Cajetan, pour la Somme théologique, et François Silvestri de Ferrare, pour la Somme contre les Gentils. L'imprimeur sera le chevalier Melandri, directeur de la typographie polyglotte de la Propagande, et le Saint-Père alloue une somme de trois cent mille francs pour frais d'installation.

Telles sont les dispositions prises par Léon XIII, et dont témoigne une lettre écrite proprio motii, le 18 janvier 1880.

Le 5 octobre de la même année, le cardinal Simeoni, préfet de la Propagande, bénissait le local, et, environ deux ans après, il présentait au Saint-Père le premier volume, édité à trois formats, et contenant tout d'abord une dédicace à Léon XIII et les actes pontificaux ayant trait à la restauration de la philosophie chrétienne.

« Je suis fort content de ce premier volume, dit le pape aux éditeurs, et je voudrais déjà voir cette

entreprise terminée, afin qu'il n'y eût plus un collège, plus un séminaire, où l'on ne trouvât aux mains des maîtres et des élèves les œuvres de saint Thomas d'Aquin, au moins les deux Sommes, dans un texte aussi conforme que possible à l'original. »

A l'heure qu'il est, deux nouveaux volumes ont pris place à la suite du premier, à la satisfaction et avec les précieux encouragements de Sa Sainteté.

Ainsi le Père des fidèles opérait une heureuse restauration en présentant aux esprits éclairés de l'univers catholique le plus savant des saints; il lui restait à prendre une autre mesure non moins heureuse, en excitant la dévotion des chrétiens envers le plus saint des savants. C'est l'objet de nouvelles Lettres apostoliques, données en forme de Bref, le 4 août 1880, une année, jour pour jour, après la promulgation de l'encyclique ^Eterni Pat ris.

Ce n'est point à l'aide d'une pâle analyse, mais bien plutôt dans le document pontifical lui-même, que la jeunesse des écoles catholiques doit apprendre les motifs qui ont déterminé le Saint-Père à lui donner saint Thomas d'Aquin pour patron. Aussi la traduction du bref suivra-t-elle immédiatement ce chapitre.

Du moins importe-t-il de remarquer ici que le monde chrétien salua pareillement avec acclamation le nouvel hommage rendu au Docteur angéli-

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que par le Vicaire de Jésus-Christ. Depuis lors, la fête du patron céleste se célèbre chaque année dans les universités, collèges et écoles catholiques avec une solennité inconnue jusque-là. Le matin, maîtres et disciples s'assemblent au pied des autels, pour demander au Dieu de l'Eucharistie, dont Thomas d'Aquin fut et demeure le Chantre Unmortel^ la pureté qui affme l'esprit pour pénétrer plus avant dans les mystères de la science, et qui dispose le cœur aux plus nobles vertus. Le soir, dans des séances académiques, qui réunissent un auditoire érudit et brillant, l'éloquence, la poésie, la musique rivalisent tour à tour dans l'expression de leurs louanges pour le Prince des docteurs.

Aux évêques qui lui en font la demande, le pape accorde le renvoi de la solennité religieuse au dimanche qui suit le 7 mars, avec une indulgence plénière pour les professeurs et les élèves des écoles catholiques.

En outre, Sa Sainteté attache des indulgences partielles à nombreuses prières composées par saint Thomas, et publiées en divers petit recueils à l'usage de la jeunesse.

L'un de ces recueils, de date récente, est un Petit office de saint Thomas d'Aquin, approuvé par la S. Congrégation des Rites et enrichi d'indulgences parle souverain pontife. Cet opuscule, qui •contient, en outre, les diverses prières composées par l'angélique docteur, sert en quelque sorte de

complément à la vie de Saint Thomas cVAquin patron des écoles catholiques.

Le 21 août i88b, à la requête du R"^<= P. Cicognani, Procureur général des Frères Prêcheurs, Léon XIII autorisait la dévotion des six dimanches qui précèdent ou suivent immédiatement la fête du Docteur angélique, avec indulgence plénière chacun de ces dimanches.

Enfin le pape a voulu que la liturgie rappelât à jamais l'acte par lequel il a institué saint Thomas patron des écoles. Sur son ordre, une addition a été faite à TEloge du saint dans le Martyrologe; et les leçons du second nocturne, retouchées par une main non moins docte que pieuse, après avoir présenté un admirable résumé de la vie de l'angélique docteur, concluent ainsi : « Exauçant les supplications et les vœux presque unanimes de répiscopat, Léon XIII, pour la confusion de tant de systèmes philosophiques qui détournent les âmes de la vérité, pour Taccroissement des sciences et le bien général de la société, après avoir pris l'avis de la sacrée Congrégation des Rites, a, par Lettres apostoliques, déclaré et institué Thomas d'Aquin, patron céleste de toutes les écoles catholiques. »

De son côté, la numismatique consacrera la réintégration de l'enseignement thomiste dans les chaires de philosophie et de théologie. Selon un vieil usage, chaque année, à l'occasion de la fête de saint Pierre, le souverain pontife fait frapper une

médaille commémorative du fait saillant de Tannée. La médaille de 1880 porte d'un côté l'effigie de Léon XIII, et au revers saint Thomas debout, accueillant d'une main la Philosophie scolastique, et lui montrant de l'autre la Théologie sa gracieuse souveraine, à laquelle elle doit toujours rendre hommage. On lit en exergue une inscription latine: «Alliance renouvelée delà science divine et de la science humaine, » et autour de la médaille : « La doctrine de saint Thomas ramenée à son antique gloire. »

Ce n'est pas encore tout. Le nouveau triomphe de Thomas d'Aquin inspire à un artiste français une magnifique peinture, imitée du tableau de Benozzo Gozzoli, avec cette différence que les personnages qui encadrent la figure du Docteur angélique sont, d'une part, Léon XIII entouré du Sacré Collège, et de l'autre, les archevêques et évoques fondateurs des universités catholiques de France. Le tableau original se voit au séminaire de Saint- Sulpice, à Paris ; des réductions en ont été faites en belles lithographies et photographies.

Plus récemment, les six voûtes de la superbe galerie des Candélabres^ au Vatican, devant être décorées de nouvelles fresques, l'artiste Seitz, chargé de la quatrième, a, d'après l'inspiration de Léon XIII, représenté, dans une série de magnifiques tableaux, saint Thomas enseignant la vérité, écrasant l'erreur sous son triple aspect : le paganisme, le judaïsme et l'hérésie, et associant dans une douce amitié la Foi et la Raison.

Enfin le jubilé sacerdotal de Léon XIII a sonné; de tous les points de l'univers arrivent au Père commun des fidèles, avec les hommages respectueux de la piété filiale, de riches présents ayant pour la plupart une signification particulière. On s'est rappelé la prédilection marquée du souverain pontife pour le Docteur angélique. Sous l'empire de cette pensée, le Séminaire romain a ouvert une souscription à laquelle ont adhéré de grand cœur tous les séminaires du monde catholique, afin d'élever dans la Bibliothèque vaticane une statue monumentale à saint Thomas d'Aquin.

L'exécution en a été confiée au sculpteur Aureli. Saint Thomas est représenté assis, la main droite étendue, la gauche appuyée sur la Somme théologique. La statue, plus grande que nature, repose sur un piédestal rectangulaire, orné de deux basreliefs où figurent, d'un côté, Léon XIII déclarant saint Thomas protecteur des études, de l'autre, le docteur des docteurs enseignant.

Honneur à un pontificat si fécond en actes importants pour la glorification de saint Thomas d'Aquin ! Successeur de pontifes illustres qui de mille manières ont exalté sa mémoire et recommandé sa doctrine, « Léon XIII résume et dépasse les hommages rendus à saint Thomas par tous ses prédécesseurs. » Les papes venus avant lui, depuis six siècles, avaient érigé à l'Ange de l'école «un monument plus durable que Tairain »; Léon XIII

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y a mis la main à son tour, pour l'embellir et en poser le couronnement.

C'est donc justice d'unir dans une commune louange les noms de saint Thomas et de Léon XIII, et de citer ici, en la traduisant, une inscription latine qui, à la séance du 7 mar^ 1880, au palais des Arcades, surmontait le portrait du docteur angélique et le buste du pape heureusement régnant :

Thomas, nous acclamoxs ta subli.me sciexce, Et l'Eglise en ce jour se plaît a te bénir. Léon, par toi nos cœurs s'ouvrent a l'espérance, Car ton règne prépare un meilleur avenir. Saint Docteur, grand Pontife, oracles de la terre,

Vous AFFIR.MEZ TOUS DEUX LA PLEINE VÉRITÉ ;

Puisse le monde enfin recueillir la lumière, Et votre enseignement de tous être écouté !

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