‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 1 sur 372 · Materials, t. v, pages · texte numérisé non relu

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masquer ses desseins (i), et rendre ainsi très périlleuse la voie des négociations. Néanmoins, le Saint-Père penchait visiblement pour le parti de la temporisation et des remontrances officieuses ; Philippe de Flandre venait pourtant d'essayer lui-même de ces mo3^ens, et il avait échoué auprès du Roi.

L'Archevêque discernait parfaitement la tendance du Souverain Pontife, et redoutait à juste titre les conséquences qui en pourraient découler dès que le Pape serait éloigné. Négocier à grande distance avec un prince tel que Henri II était certainement une entreprise des plus hasardeuses, à moins que le Saint-Père ne fût absolument sûr de ses plénipotentiaires, et que ceux-ci ne connussent à fond le terrain sur lequel ils auraient à marcher. Or l'Archevêque avait vu de ses yeux quelles illusions pouvaient trouver crédit à la cour pontificale ; il savait trop pertinemment que le Roi y avait des alliés remuants et ambitieux ; le parti le plus convenable était donc que le Pape remît à l'Archevêque de Cantorbéry les pouvoirs nécessaires pour mener le différend à terme, ainsi qu'avaient fait déjà si souvent les Pontifes romains pour l'Archevêque Thibaut et ses prédécesseurs. Pareille mesure pouvait moins que toute autre paraître insolite et menaçante ; elle remettrait la cause entre des mains qui avaient généreusement et fidèlement combattu pour l'Église romaine, et nul négociateur ne serait mieux édifié sur tous les détails du litige. Enfin l'on ne pourrait dire que Thomas fût par là constitué juge et partie, puisque le jugement avait été déjà porté par le Souverain Pontife lui-même, et qu'il s'agissait uniquement de procurer la soumission de la partie condamnée.

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