‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 100 sur 372 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

neau si apparent (i). Le Souverain Pontife pensait comme lui et ne manifestait aucune intention de citer l'exilé de Sens par-devant sa personne. Autour du trône pontifical, à Bénévent même, Henri semait l'or, multipliait les promesses, et osait bien poursuivre par des propositions absolument simoniaques le transfert de l'Archevêque de Cantorbéry à un autre siège ; mais Alexandre III n'était pas homme à écouter pareilles ouvertures.

En Angleterre l'agitation recommençait dans les rangs de l'épiscopat, car les coupables sentaient l'orage se reformer sur leurs têtes, et cherchaient à se prémunir contre la foudre qu'ils entendaient gronder au loin. Gilbert Foliot se multipliait dans ce but; il entendait dire que l'Archevêque venait de lui adresser de nouvelles citations à comparaître à Sens: à la vérité l'acte officiel des monitions ainsi lancées n'était pas parvenu jusqu'à lui; mais il savait assez que l'Angleterre était trop bien gardée pour qu'un message de ce genre passât aisément la frontière; aussi ne doutait-il pas de la vérité du bruit que lui apportait la renommée (2). Xe voulant pas obéir, et n'ayant pour éviter la sentence qu'un procédé à son service^ il entendait du moins le mettre en œuvre avec éclat. Ce moyen, c'était toujours et uniquement l'appel préventif et hypothétique de sentences que porterait peut-être l'Archevêque de Cantorbéry : malheureusement la validité de cette procédure ne devenait pas plus claire par l'abus qu'on en faisait. Nous avons vu à Argentan

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