CHAPITRE X
pendant il ne voulut pas discuter davantage ce jour là, et partit pour son château de Bur, à quelque distance de Bayeux (i). Dès le lendemain, Gratien et son compagnon avec tous les prélats arrivèrent à la résidence royale, et tout aussitôt Henri les conduisit dans le grand parc où l'on entretenait daims et cerfs pour peupler ses chasses (2). Un nombre assez restreint de personnages de marque furent nommément invités par faveur spéciale à se joindre au groupe principal [3) ; et tout en marchant, le Roi ouvrit la conférence avec les deux commissaires apostoliques ; les prélats se tenaient à quelques pas en arrière, et un écuyer conduisait par la bride le cheval de son royal maître.
La discussion reprit au point où elle était restée après l'interminable conférence de Domfront : il s'agissait toujours de l'absolution des clercs excommuniés à Clairvaux, et de l'obligation pour eux de
1. Bur-le-Roi, canton de Balleroy, à peu de distance de l'ég-lise de Noron. M. de Caumont écrit Bures (Revue Anglo-française, t. iv, page 213) ; Leroux de Lincy dit Bourg-Bayeux dans l'article publié par lui dans la Revue de l'Ecole des Chartes sur Garnier de Pont-S''-Maxence. Nous nous en tenons à l'orthographe adoptée par Hippeau ( Vie de S. Thomas par Garnier, page xxxviii, Paris, 1859) ^^ P^^" Pluquet [Contes
populaires de l'arrondissement de Bayeux, page 22, Rouen, 1834). C'est celle de Garnier de Pont-S'^-Maxence lui-même (éd. Hippeau, page 177) ; et dans la lettre adressée par un ami à saint Thomas au sujet des conférences (citée ci-dessus), nous lisons : « ad locum quemdam qui vocatur le Bur ;>. Henri II tint souvent cour pléniére dans cette résidence, qui était un palais ou un séjour de plaisance, comme le manoir de Woodstock, bien plutôt qu'un chàteau-fort. Plusieurs salles très vastes, qu'on ne trouvait pas à beaucoup près aussi multipliées dans les châteaux fortifiés, permettaient de réunir un très grand nombre de personnes, soit pour des fêtes, soit pour des délibérations importantes.