‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 197 sur 372 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

pour renouveler ses pouvoirs de légat, et lui donner toute liberté d'en user sans appel ; le Roi, la reine et leurs fils étaient seuls exceptés (i). Notification de ces diverses mesures était faite en même temps à tous les prélats résidant sur les domaines de la couronne d'Angleterre en deçà de la mer. Mais avant que les Lettres apostoliques eussent pu être connues de tous les intéressés, l'Archevêque avait pris définitivement son parti. Les nouvelles qui lui arrivaient sans cesse d'outre-mer lui montraient de plus en plus clairement son devoir : puisqu'il ne pouvait malheureusement plus rien pour l'Église en demeurant sur la terre étrangère, il devait rentrer dans sa métropole et combattre sur le terrain où se plaçait l'ennemi. Reprenant donc la plume il écrivit au Roi Henri II :

« Le Christ qui voit le fond des cœurs, qui juge « les âmes et punit les coupables, sait avec quelle « droiture d'intentions et quelle affection sincère nous « avons conclu la paix avec vous. Nous pensions « qu'on agissait avec nous de bonne foi et en toute « simplesse : pouvions-nous croire autre chose, séré- « nissime seigneur, en écoutant les paroles que vous « vouliez bien nous adresser? Les lettres que vous « avez fait tenir au Roi, votre fils et notre seigneur, « pour ordonner la restitution de nos anciennes pos- « sessions, ne respiraient-elles pas la bienveillance, « la paix et la sécurité ? Mais voici que les faits « viennent démentir ces favorables apparences ; et si « nous nous en affligeons, c'est beaucoup moins, « Dieu le sait, à raison du tort qui en résulte pour « nous qu'à raison de l'atteinte portée peut-être à « votre honneur. Que devient en effet la restitution

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