Materials, t. vu, pag. 534, ep. " Sicut dignum est
2. C'est le doyen Stanley qui nous en fournit la preuve, en citant deux documents manuscrits qui se trouvent aux archives de la cathédrale de Cantorbérv {Historic. MeinoriaJs of Canterbiirv, pages m et 112). Par un acte authentique des premières années du xiii^ siècle, nous apprenons l'existence à cette date de la veuve d'un certain Guillaume Thann, qui était jadis « parti pour la Terre-Sainte avec son maitre Guillaume de Tracy ». Un autre diplôme, visé et contresigné en 1174 par Henri II à Westminster, relate une fondation faite par Tracy en faveur de l'Eglise de Cantorbérv, « pour l'amour de Dieu, le salut de son âme, et l'amour du bienheureux Thomas Archevêque et martyr ». Ce second document est contresigné par plusieurs témoins, dont le premier se trouve être l'abbé de Sainte-Euphémie, en Calabre. Il est donc bien évident que Guillaume de Tracy s'est mis en marche vers la Terre-Sainte, et qu'il a poussé au moins jusqu'au célèbre monastère, avec l'intention de passer en Sicile pour s'y embarquer. La tradition dit qu"il mourut aux environs de Cosenza, ville située à quelques lieues seulement de Sainte- Euphémie.
3. Ci-dessus t. i, pages 441 et 447. L'art, xii portait : « Si quelqu'un des grands du royaume a refusé justice à l'Archevêque, le seigneur Roi doit l'y contraindre ». Assurément dans le cas où ces grands du royaume assassinaient l'Archevêque, l'obligation du pouvoir royal était bien plus certaine encore.
plices (I). Mais que faisaient donc les évêques? Après avoir dénoncé au Pape les quatre meurtriers et les avoir chargés de tout le poids du crime, ils se turent, même après que le Souverain Pontife eut parlé, car en vertu du vi' article de Clarendon ils ne pouvaient agir sans l'agrément du Roi. Il est plus étrange encore de ne trouver nulle part la condamnation du sousdiacre Hugues Mauclerc, le scélérat qui avait mis le comble à toutes les horreurs dont la primatiale venait d'être témoin. D'après les instructions données par le Pontife romain à l'évêque d'Exeter, ce misérable devait être dégradé, enfermé dans un monastère, et déclaré incapable de remplir aucune fonction quelconque dans le chœur ni dans le sanctuaire : mais où est la dénonciation de cette sentence ? Aucun chroniqueur n'a pu l'enregistrer.
Trouvons-nous enfin quelque part les indices de la disgrâce encourue par ceux que le Pape considérait comme des coopérateurs coupables, c'est-à-dire par les membres du clergé qui avaient par leurs propos poussé le Roi dans les voies de la haine , provoqué l'accès de colère dont le meurtre fut la conséquence? (2). Hélas non ; ni le prince ni les évêques ne manifestèrent officiellement la moindre répulsion pour ces hommes. Roger d'York était bien regardé par tous comme l'assassin du primat, mais il fallut attendre plusieurs années avant qu'un cri de réprobation s'élevât contre lui (3); et aussitôt après avoir été délié de la suspense, au mois de décembre 117 1, il put écrire impunément à tous les évêques d'Angleterre
1. Materials, t. vu, pag. 450, Pétri Bernardi Grandimont. ad Regem Henricum ep. « Ut innumerabilia ».