Ci-dessus, t. 11, pag. 46-47. Materials, t. vi, pag
4l6 SAINT THOMAS DE CANTORBÉRY
et en admettant même qu'un chrétien puisse jamais se croire obligé à un crime si son Roi le commandait, au moins faut-il convenir qu'il devrait attendre un ordre précis. D'autres indices nous prouvent que Henri II avait un plan différent, qui était de faire saisir l'Archevêque primat, soit pour le jeter en prison et le traduire ensuite devant un parlement, soit pour le faire amener en sa présence. Telle était certainement la mission donnée à Guillaume de Mandeville, Seyer de Quincy et Richard du Homet (i), dont la conduite prouve assez qu'il s'agissait uniquement d'empêcher l'Archevêque de s'échapper ; c'est pourquoi deux d'entre eux gardaient les ports de Normandie, tandis que Richard faisait fermer ceux d'Angleterre et mettre sur pied les garnisons des châteaux qui avoisinaient la ville métropolitaine. L'appel de la garde royale qui entourait le jeune Roi à Winchester n'avait pas d'autre but que de permettre au connétable de Normandie de saisir à coup sûr Thomas, et tous ces préparatifs étaient indépendants de ceux que faisaient les quatre conjurés, Richard du Homet ne s'occupa point d'eux, soit qu'il ignorât leur présence à Saltwood, soit qu'il n'eût pas d'ordres pour les surveiller ; eux, de leur côté, agirent sans se concerter avec le connétable, puisqu'ils n'attendirent pas l'arrivée des troupes de Winchester, Les trois officiers du Roi et les quatre chevaliers agissaient donc en deux groupes indépendants l'un de l'autre (2). Du reste Guillaume de Mande-