‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 267 sur 372 · Guill. Cant. lib. v · texte numérisé non relu

Guill. Cant. lib. v

démêlés avec l'Archevêque, éprouva les effets de la protection du martyr. A dire vrai, ce fut la foi de la comtesse qui obtint successivement deux miracles en faveur d'un nouveau-né qu'elle vit d'abord attaqué d'une grave maladie presque au lendemain de sa naissance. La courageuse mère l'apporta elle-même à la crypte de Cantorbéry, et sur le conseil des religieux versa quelque peu de « l'eau de saint Thomas » sur le corps du petit malade qu'elle remporta guéri. Mais peu après l'enfant mourut ; la comtesse ne laissa pas défaillir sa foi ; et malgré les représentations des siens, de son chapelain même, elle réussit à faire pénétrer quelques gouttes de l'eau miraculeuse à travers les dents serrées du petit cadavre, dont les joues se colorèrent incontinent ; la vie revenait, et bientôt l'enfant se trouva vraiment ressuscité (i).

D'autres personnages, beaucoup plus compromis, ne furent pas moins favorisés de celui qu'ils avaient naguère traité en ennemi. Gilbert Foliot fut de ce nombre, et se vit ramené des portes du tombeau par le vœu d'aller en pèlerin prier auprès du corps de Thomas Becket. Ce qui est surtout remarquable, c'est que le vœu fut formé pour le mourant par Jocelin de Salisbury, son ami, trop longtemps son complice, qui l'assistait au lit d'agonie (2). Gilbert se montra dès lors fidèle à la mémoire du martyr ; il apposa son sceau à des chartes où se lisait le nom de saint Thomas, et accorda dans son diocèse des indulgences à quiconque aiderait de ses deniers la construction de l'hospice de Southwark en l'honneur du bienheureux Archevêque.

Barthélémy d'Exeter, moins coupable que l'évêque

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