I. Guill. Cant. page
I. Pierre de Celle nous en donne un exemple dans une lettre adressée au prieur de Cantorbéry [Materials, t. vu, pag. 565, ep. « Lugdunensem archiepiscopum ») ; il s'agit d'un chartreux du Mont-Dieu guéri de cette façon. Remarquons que dans cette même lettre, Pierre de Celle s'élève contre le désir de multiplier les récits de ce genre et réclame un contrôle
,n2 SAINT THOMAS DE CANTORBÉRY
on voit la dévotion à Thomas le Martyr passer dans les mœurs du peuple anglais? L'ouvrier^ en partant le matin pour son travail, fait le signe de la croix et invoque saint Thomas (i) ; le pauvre demande l'aumône au nom de saint Thomas (2) ; le marchand lui-même accorde des conditions de faveur au client qui se ; recommande comme ancien serviteur de saint Thomas (3); nous l'avons vu, les enfants dès leur bas âge apprenaient à aimer le nom du grand martyr; et c'est probablement dans cette dévotion populaire qu'il faut chercher l'explication de ce fait qu'aujourd'hui encore, ] après sept siècles, le nom de Thomas est peut-être le plus répandu dans la Grande-Bretagne.
On imagine bien que les reliques d'un saint aussi prodigue de miracles étaient recherchées avec empressement; elles ne pouvaient alors consister qu'en parcelles de ses vêtements, de son cilice, ou en objets mis autrefois à son usage. Entre toutes nous devons mentionner le rochet que portait saint Thomas lorsqu'il tomba sous le fer de ses meurtriers; dès 1172 cette relique deux fois vénérable, puisqu'elle était toute trempée du sang du martyr, parvint à l'abbaye de Dommartin, de l'ordre de Prémontré, au diocèse d'Amiens (4). Des linges teints aussi de ce sang présévère des faits avant qu'ils soient enregistrés comme miracles ; son propre récit n'en acquiert que plus de valeur ; et c|uant au contrôlé qu'il demande, Guillaume de Cantorbéry nous prouve en maint endroit de son recueil qu'on ne le négligeait pas à Cantorbéry.