CHAPITRE IV ■yi
avoir inondé la Lombardie, convergeaient alors vers l'Italie centrale. Mais du cardinal Guillaume aucune nouvelle. La guerre était dans Rome môme ; la basilique de Saint-Pierre venait d'être incendiée par les troupes impériales ; le Château Saint-Ange, qui abritait dans ses murs la personne sacrée du Pape, avait subi un assaut meurtrier. Comme il était arrivé un siècle auparavant, aux jours de saint Grégoire VII, le Pontile romain, faisant héroïquement face à l'orage, luttait dans sa forteresse du Transtévère avec une poignée de défenseurs contre l'invasion allemande qui battait les murailles, commandée par l'Empereur en personne. L'Occident n'était pas moins troublé. Malgré l'activité diplomatique déployée depuis près d'une année, Henri II n'avait pu réussir plus longtemps à isoler et à immobiliser les adversaires dont il redoutait la coalition. Le Roi de France, les comtes de Flandre et de Boulogne, s'étaient de nouveau ligués contre l'Angleterre, et la guerre recommençait, tandis que la Bretagne reprenait les armes (i). Guerre sans résultats probables autres qu'une misère plus grande pour les pays qui en seraient le théâtre ; et par le fait l'année 11O7 fut si mauvaise en France que l'Université de Paris fut obligée de congédier les étudiants étrangers pour ne pas réduire la ville à une famine complète [2). A ce moment parut Guillaume de Pavie, et l'Archevêque reçut à Sens une lettre conçue en ces termes (3) :
« A notre vénérable frère et ami très particulier « Thomas, par la grâce et Dieu Archevêque de Can-