‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 129 sur 294 · I. Fitzst., page 3g · texte numérisé non relu

I. Fitzst., page 3g

couleur de payer le papier, le sceau ou la cire ; et le chancelier de l'Archevêque avait dû prêter serment de ne recevoir aucun honoraire, fût-ce un canif pour tailler ses plumes (i). On conçoit aisément que les plaideurs aimassent mieux s'adresser à un tel tribunal qu'à celui des shérifs, où souvent il fallait payer deux et trois fois l'amende pour être sûr de n'être plus inquiété. On y recourait donc avec empressement dès que la matière pouvait être de droit soumise à la juridiction ecclésiastique ; et de là encore des rancunes qui éclateront bientôt. La justice impartiale de l'Archevêque provoquera la coalition étrange des légistes partisans du droit royal et des plus audacieux contempteurs de toute loi et de tout droit.

Peut-être Thomas Becket prévoyait-il un tel résultat ; c'est probable, car il connaissait les hommes auxquels il avait affaire. Mais il ne cherchait qu'une chose, n'avait qu'un but devant les yeux, remplir ses devoirs de pontife.

Un incident qui marqua les premiers temps de son épiscopat, et que l'on a mal interprété, sembla démentir les saintes habitudes que se créait le nouveau primat. Il n'en était rien pourtant ; voici le fait.

Lorsqu'il fut élevé au siège primatial, Thomas appartenait au clergé séculier comme archidiacre de Cantorbéry. Or, les moines de Sainte-Trinité, qui avaient hésité à choisir un séculier pour Archevêque, virent avec peine que leur nouveau chef ne prenait point l'habit monastique pour siéger au chœur (2). En forçant le con-

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