‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 15 sur 294 · Materials, loc. cit · texte numérisé non relu

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SAINT THOMAS DE CANTORBhRY

que, dès l'enfance, il avait été confié aux chanoines réguliers de Merton, et que la sollicitude du bon prieur le suivit dès lors pendant toute la vie et jusqu'au tombeau. Robert laissa-t-il donc partir son jeune disciple, dont il dirigeait la conscience depuis des années, sans lui assurer outre-mer des protecteurs et des maîtres? Et Thomas lui-même, en témoignant toute sa vie de son estime particulière pour l'ordre canonial, ne nous dirat-il pas qu'en arrivant aux jours de sa jeunesse dans la grande ville, où il se trouvait seul et étranger, il a dû chercher auprès des chanoines anglais de Saint-Victor l'appui et la protection dont il avait besoin ? Pourquoi donc enfin Adam de Saint-Victor a-t-il voulu chanter le martyr de Cantorbéry et prodiguer pour lui plus que pour beaucoup d'autres saints illustres les trésors de son génie poétique ? Est-ce donc seulement pour l'avoir entrevu lors de sa dernière visite à l'abbaye? Non, sans doute ; et le prince des poètes au moyenâge, plus jeune que Thomas Becket, savait certainement qu'entre son monastère et le martyr des liens étroits s'étaient formés. Or, pareille liaison n'avait pu s'établir qu'à l'époque où le fils de Gilbert et de Mathilde était venu étudier à Paris, l'histoire de Thomas le démontre. Si donc nous ne croyons pas pouvoir affirmer positivement, du moins regardons-nous comme très-probable que le jeune Becket se rangea parmi les disciples du célèbre maître Hugues de Saint- Victor, qui fut théologien, moraliste, docteur mystique, et mérita d'être surnommé le second Augustin.

Combien de temps Thomas demeura-t-il à Paris? Sur ce point encore les biographes sont muets, il y a lieu de croire que ce séjour ne dura pas moins d'une année ou deux, peut-être trois. Roger de Pontigny, qui fut de tous les biographes le mieux placé pour connaître ces

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