I. Jercm. xvii
trictive fût retirée ; Thomas venait de la répéter une fois de plus ; il refusa de s'en départir, et l'entrevue prit fm. Pendant que Henri Plantagenet menaçait et récriminait sans profit, les prélats félons agissaient. Arnulf de Lisieux se multipliait : de concert avec Richard d'Ilchester, archidiacre de Poitiers, il passa le détroit six fois en trois mois (i). Il s'agissait pour eux de présenter au Pape et aux cardinaux sous un jour favorable les prétentions de Henri au sujet des coutumes. C'était là une campagne autrement redoutable que toutes les fureurs du Roi, car elle pouvait aboutir à paralyser au moment décisif l'action du Souverain Pontife, en l'enveloppant d'un réseau d'intrigues. L'Archevêque de Cantorbéry agissait pour en neutraliser l'effet. Il savait qu'à la cour pontificale se trouvaient des hommes dont il devait se défier, tels les cardinaux Guillaume de Pavie et Jean de Naples ; mais il s'appuyait sur son ami l'évêque de Poitiers, qui témoignait du dévouement le plus actif. A la cour romaine, les cardinaux évéques d'Ostie et de Porto, les cardinaux prêtres Albert, Hyacinthe et Henri de Pise, étaient favorables à la cause du primat d'Angleterre, sans parvenir pourtant à provoquer les mesures qu'ils souhaitaient. C'est que l'entourage du Souverain Pontife était en proie à toutes les craintes ; Barberousse venait de remporter certains succès en Italie ; le frère et le neveu du Pape, plusieurs parents des cardinaux, étaient tombés au pouvoir de l'Empereur. Le moindre indice de froideur de la part d'un seigneur plus ou moins puissant devenait alors une cause d'inquiétudes nouvelles pour des esprits terrorisés (2); et l'on tremblait à la seule pensée d'exciter le courroux