‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 244 sur 294 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

cité dans sa miséricorde pour le salut de l'Angleterre, loin de le désarmer on devait le soutenir, et l'appuyer énergiquement.

Alexandre III finit par se résoudre en effet au seul parti qui pût satisfaire sa conscience, et qui par surcroît était de meilleure politique: il refusa définitivement la démission du primat d'Angleterre, et lui remit au doigt l'anneau pastoral ; la question qui avait amené Thomas aux pieds du Pape était donc tranchée ; le primat d'Angleterre avait gain de cause quant aux appels formés à Xorthampton. Mais la conduite des ambassadeurs anglais, leur retraite, et l'abstention du Roi à l'égard du Souverain Pontife, ouvraient à l'Archevêque une perspective jusque là demeurée plus ou moins vague. 11 devenait évident que le retour en Angleterre était désormais impossible, Henri II conservant à l'égard du primat l'attitude qui avait obligé Thomas à sortir définitivement du royaume. C'était donc l'exil, et sans qu'on en pût prévoir le terme. Dès lors l'Archevêque devait songer à faire choix d'un refuge afin d'y passer lès jours de deuil qui commençaient pour lui et pour son Église de Cantorbéry.

Désireux de trouver une retraite loin des bruits du monde, et cependant de ne point s'éloigner beaucoup du Souverain Pontife, il demanda si les portes de l'abbaye de Pontigny ne s'ouvriraient pas devant lui et devant les quelques amis demeurés fidèles à sa fortune. Depuis plusieurs mois l'évéque de Poitiers lui avait parlé en excellents termes de Guichard, abbé de ce monastère (i), qui s'était fait l'intermédiaire secret de certaines négociations entre le Pape et le prélat au sujet de Thomas Becket. Les religieux de Pontigny

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