I. Materials, t. v, pag. 179 et
muler depuis que les coutumes, naguère encore flottantes, avaient été codifiées et promulguées comme lois du royaume ?
On comprend assez l'angoisse qui étreignait l'âme d'Alexandre III ; il est néanmoins permis à l'historien de se demander comment le Pape ne voyait pas le vice de son raisonnement ? D'abord, était-il si certain que la condescendance fût la meilleure tactique à employer pour contenir les écarts du Roi ? On en pouvait douter avec d'autant plus de fondement que l'Archevêque de Cantorbéry avait suivi déjà cette ligne de conduite, et jusqu'au point le plus extrême, sans y trouver que d'amers déboires; et pour sa part il était désormais convaincu que la fermeté seule pourrait procurer la fin de la querelle. Ne devait-on donc pas attacher quelque prix à l'opinion de l'homme qui connaissait Henri II mieux que personne en Europe. Ensuite, en admettant que le Roi tentât d'adhérer au schisme pour répondre à un acte de vigueur, pourquoi conclure que l'Église d'Angleterre serait par le fait même séparée de la Chaire de saint Pierre ? Un décret royal suffirait-il donc à consommer une telle rupture? Les évêques ne résisteraient-ils pas, selon leur devoir ? Avait-on conçu de leurs dispositions serviles une opinion telle qu'on les crût capables de déserter en masse ? Mais alors raison de plus pour maintenir à la tête de l'épiscopat anglais le seul homme qui eût donné des gages de la fidélité la plus inébranlable, « en « s'opposant comme un mur pour protéger la mai- « son d'Israël (i). » Déjà sa résistance avait empêché les principes schismatiques émis à Clarendon de briser l'unité, de prescrire contre le droit : Dieu l'ayant sus-