CHAPITRE XXiri
PONTIGXY ( I I 64- 1 I 65)
Seconde fille de Citeaux, Pontigny était située à douze lieues de Sens, au diosèse d'Auxerre, dans une vallée solitaire au milieu des bois, et baignée par la petite rivière du Serain, qui alimentait les réservoirs et les fontaines du monastère. Fondée depuis cinquante ans seulement, l'abbaye était devenue prospère, tant au point de vue spirituel que sous le rapport matériel ; et mieux peut-être que toute autre maison cistercienne, elle était en mesure de subvenir largement aux fraîs de l'hospitalité que Thomas Becket venait lui demander. Elle l'exerça généreusement, et Dieu bénit cette charité ; car au bout de deux années, les comptes du cellérier n'accusèrent pas le moindre écart entre les dépenses et les revenus, malgré la présence d'une dizaine d'étrangers défrayés de tout sans aucune rémunération de leur part (i).
Le 30 novembre 1164, fête de saint André, Thomas inaugurait la nouvelle existence qu'il allait désormais mener dans son exil. Trois ou quatre jours après son arrivée, il fut introduit au chapitre ; en présence de tous les moines assemblés, il exposa la situation de son Eglise et recommanda aux prières des religieux le pasteur jeté sur une terre étrangère, et le troupeau