‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 247 sur 294 · I. Materials, t. v, page · texte numérisé non relu

I. Materials, t. v, page

demeuré sans guide et sans protecteur, pour longtemps peut-être. Puis il se renferma dans une solitude qui lui paraissait bien douce après tant d'orages. On avait mis à la disposition de l'Archevêque et de sa suite plusieurs cellules voisines les unes des autres, et Thomas avait à son service un moine appelé Roger ; il n'y a pas de doute que ce ne fût celui qui écrivit ensuite une biographie de saint Thomas Becket. Il eut l'honneur d'être ordonné prêtre par le noble exilé qu'il servait avec dévouement.

Dès les premiers jours de son épiscopat, Thomas avait bien souvent manifesté le regret de n'être pas assez profondément versé dans les sciences ecclésiastiques. Il était déjà trop instruit en ces matières pour ne pas comprendre ce qui lui manquait ; aussi étudiaitil avec ardeur, comme nous l'avons vu. Le séjour de Pontigny lui parut une excellente occasion de combler toute lacune dans ses connaissances, et il mit à profit ses loisirs en scrutant le droit canonique sous la direction de Lombard de Plaisance, clerc de l'Église romaine. Il lui semblait qu'aucune étude ne pouvait lui être plus nécessaire à l'heure présente, pour l'armer de toutes pièces en vue des luttes où il se trouvait jeté; mais une voix amie vint lui montrer un danger dans cette occupation. Si Thomas n'eût pas été animé d'un esprit vraiment surnaturel, il n'eût pu comprendre ni agréer les avis de Jean de Salisbury, qui lui écrivait avec sa liberté accoutumée : « Tout ce que je vous « conseille, c'est de recourir au Seigneur par la prière, « de toutes les forces de votre âme. Écartez pendant « ce temps tout autre soin : quelque nécessaires que « puissent vous paraître les autres occupations, plus « nécessaire encore est celle que je vous recommande « avec instances. Décrets et canons, tout cela est fort

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