CHAPITRE III
indications propres à établir l'état de la question ; car il y sera fait plusieurs fois allusion dans le cours de notre récit.
Le Pape saint Grégoire-ie-Grand, par sa lettre du 22 juin ôoi (il, avait décrété que le moine Augustin, dont la parole convertissait alors la Grande-Bretagne, serait le chef spirituel de l'île entière. Il devait cependant y avoir deux métropolitains, celui de Londres et celui d'York, et ces deux archevêques seraient indépendants l'un de l'autre après la mort d'Augustin. Seulement la préséance appartiendrait à celui des deux qui serait le plus ancien par la date de son sacre. Telle était la lettre de saint Grégoire sur laquelle York fondait toutes ses prétentions à une exemption complète, au regard du siège de Cantorbéry. Cependant les règles formulées par le saint Pape avaient été modifiées, par lui-même en premier lieu, puis par ses successeurs.
Plusieurs Pontifes romains étaient venus successivement déclarer que Cantorbéry devait être le siège primatial, supérieur dans l'ordre hiérarchique à celui d'York 2). Au temps de l'archevêque Lanfranc, le Pape Alexandre II déféra cette question au jugement d'un concile plénier d'Angleterre, pour y être discutée et définitivement réglée (3). On lut dans cette assemblée l'histoire de l'Église d'York par le Vénérable Bède ; et cette lecture montra que, depuis les jours de saint Augustin jusqu'à ceux de l'historien, Cantorbéry avait joui de la prééminence sur le siège d'York et sur toutes