Rog. Pontin. Materials, t. iv, page lo
jours après le Pape Lucius II, qui régna moins d'un an, et mourut le 25 février 1145. Dans ce court espace de temps, le nouveau Pontife porta son attention sur les affaires d'Angleterre ; il renouvela les instructions données par son prédécesseur à l'Archevêque de Cantorbéry, et de plus envoya comme légat a latere dans la Grande-Bretagne l'évêque de Tusculum, Ymar, jadis moine clunisien de Saint-Martin-des-Champs (i), qui, déjà en 1141, avait été chargé d'une mission dans le nord de l'Angleterre (2). Il est assez évident que l'envoi du cardinal de Tusculum se rattachait à la grave question agitée entre l'archevêque Thibaut et Henri de Blois. La présence d'un légat a latere suffisait à elle seule poursuspendre momentanémentles pouvoirs del'évêque de Winchester; mais le litige se compliquait, et la mort prématurée de Lucius II ne permit pas au représentant du Pape de terminer le différend, devenu plus aigu que jamais. C'est qu'une querelle déjà vieille se réveillait, qui ne devait pas être de longtemps vidée. Il s'agissait de la rivalité entre les deux archevêchés anglais ; le métropolitain d'York devait-il reconnaître la prééminence de celui de Cantorbéry? Avait-il le droit de faire porter devant lui la croix archiépiscopale sur les territoires qui relevaient de la métropole rivale, et comprenaient les trois quarts du royaume (3)? Depuis que l'Archevêque de Cantorbéry n'exerçait plus les pouvoirs de légat apostolique, sa prérogative se trouvait obscurcie aux yeux de plusieurs, bien qu'elle eût été affirmée souvent et solennellement dans le cours de six siècles. Peut-être le lecteur aimera-t-il trouver ici quelques
1. Mabill. Annal. Bencd.^ t. vr, pag. 348-349 et 273 (Ed. Luc).