‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 270 sur 294 · V. Exaltata es sancta Dei Genitrix · texte numérisé non relu

V. Exaltata es sancta Dei Genitrix

iî. Super choros Angelorum ad celestia régna (2).

Oratio.

O dulcissime Jesu Christe, qui beatissimam Genitricem tuam, gloriosam Virginem Mariam, perpetuis gaudiis in cœlo laetificasti, concède propitius ut ejus meritis et precibus continuis salutem et prosperitatem mentis et corporis consequamur, et ad gaudia tuœ beatitudinis ac ejusdem Virginis féliciter perveniamus aeterna. Per te, Jesu Christe, Salvator mundi, qui vivis et régnas cura Deo Pâtre in unitate Spiritus Sancti Deus per omnia saecula saecu'orum. Amen.

Q.uant à la prose des Joies Temporelles de la Vierge Marie que saint Thomas aimait à redire, selon la légende, il y a plus d'incertitude. Le même manuscrit de la bibliothèque Casanate en reproduit une qui commence par ces mots : « Gaude Virgo, Mater Christi ». D'après Mone, t. 11, pag. 162, elle est attribuée à saint Anselme dans un ms. de Mayence (xiv" siècle) ; mais selon le savant éditeur, elle serait de saint Bonaventure, dans les œuvres duquel on la trouve, comme partie de la Coroiia Maria' (Venet. t. XIII, p. 347). Kehrein reproduit cette même pièce, [Lateinische Sequcnien, n° 242), mais beaucoup plus développée. Au reste, il

1. Il y a ici une syllabe de trop ; il faudrait dire carissimo pour que le mètre et l'accent fussent observés.

2. Ce V et l'oraison qui suit ne se trouvent que dans le ms. Casan.

n'importe pas beaucoup de savoir au juste, parmi les nombreuses proses composées sur ce sujet, qu'elle était celle qu'aimait à répéter saint Thomas ; il est même très possible, sinon probable, que ce n'était pas toujours la même.

Ce qui est plus intéressant, c'est de trouver dans Daniel, t. v, pag. 136, une prose qui chante aussi les Sept Joies temporelles de la Bienheureuse Vierge. Elle commence par ces mots : « Gaude « Virgo, quc-e de cœlis », et elle nous est donnée avec cette mention: B. Thomœ Episcopo per Mariam revelata. S'il n'y a pas confusion sur ce point, cette indication compléterait la légende rapportée par le ms. de la bibliothèque Casanate. Kehrein donne la pièce (n° 237) comme aussi Mone (t. n, pag. 164) sans la précieuse indication. Le dernier auteur publie la prose d'après un ms. du xv" siècle provenant du monastère de Bronnbach près Wertheim. Nous reproduisons sa version :

Gaude virgo, quse de cœlis

juxta vocem Gabrielis

Concepisti filium.

Gaude mater Jesu Christi, quia virgo peperisti creatorem omnium.

Gaude, per quam cornu David Stella Jacob revelavit in accessu gentium.

Gaude quia resurrexit et revixit et revexit cursor tuus bravium.

Gaude, per quam supra chorum sublimatur angelorum natura mortalium.

Gaude, quia te replevit et supra te requievit illustrator cordium.

Gaude super omnes sola, cujus in utraque stola completum estgaudium.

Tibi mater supplicamus, fac ut tecum gaudeamus in terra viventium. Amen.

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