‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 84 sur 294 · Ap. Bouquet, t. xii · texte numérisé non relu

Ap. Bouquet, t. xii

ensuite l'épouser. En somme le Roi de France avait seul des motifs sérieux de prendre les armes contre son nouveau voisin, devenu plus puissant que lui. De là les premières campagnes qui marquèrent les débuts du règne de Henri Plantagenet, campagnes qui durèrent peu et n'eurent pas grands résultats. Mais du côté de Geoffroy l'insurrection n'était que téméraire. Prince brave et cultivé, il n'avait pourtant pas compris l'insuffisance de ses forces ni prévu que le roi Louis soutiendrait mollement sa querelle.

Après avoir affermi, avec l'audace et la promptitude que l'on sait, la couronne d'Angleterre sur son front, Henri II prit la mer à Douvres, au commencement de l'an II 56, aborda au port de Wissant (i), et le 2 février il était à Rouen. Il y reçut la visite de Thierry, comte de Flandre, le vieil et fidèle allié de Mathilde et de son fils. Thierry allait partir encore une fois pour la Palestine, et venait mettre ses états sous la garde de son suzerain (2). Puis Henri entama la campagne contre son frère. Thomas le secondait puissamment, nous dit le chroniqueur Gervais (3); grâce aux mesures prises par le Chancelier, les châteaux de Chinon et de Mirebeau tombèrent en peu de jours au pouvoir du Roi; celui de Loudun n'offrit pas une résistance plus victorieuse, mais Henri consentit à n'en pas dépouiller son frère vaincu. Continuant sa marche à travers le Poitou et la Guyenne, il exigea partout le serment

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