‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 83 sur 294 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

que ses alliés de produire et d'exporter. Nous constatons en outre que le Roi Henri acquérait dans la presqu'île Scandinave une intluence prépondérante ; et lorsqu'il s'agira de choisir entre l'obédience d'un Pape légitime et celle d'un intrus soutenu par l'Allemagne, saint Eric suivra les conseils et imitera la conduite de Henri Plantagenet plutôt que celle de son puissant voisin, Frédéric Barherousse (i).

En moins de trois ans, l'Angleterre avait conquis une situation qu'elle n'avait jamais occupée parmi les peuples du nord. Malcolm IV, roi d'Ecosse, avait dû lui abandonner les trois comtés limitrophes de ses états ; les Gallois étaient refoulés ; la Suède et la Norwège étaient devenues des alliées soumises, et l'Irlande était livrée par avance à la domination de Henri. Sur le continent, la Flandre, vassale de la couronne d'Angleterre depuis le règne de Henri I", doublait le tribut annuel qu'elle avait dès lors payé au suzerain. Mais les intérêts les plus graves que le Roi Henri eût à faire valoir étaient ceux de ses propres états sur le continent. Son Chancelier lui rendit là les plus signalés services.

Geoffroy Plantagenet, comte d'Anjou, avait en mourant laissé à son plus jeune fils, nommé aussi Geoffroy, les trois châteaux de Chinon, de Loudun et de Mirebeau. Peu satisfait de cette part d'héritage, et d'ailleurs, si l'on en croit les chroniques angevines (2), jaloux de n'avoir pu épouser Éléonore d'Aquitaine après la cassation du mariage de cette princesse, Geoffroy s'était fait l'allié de Louis le Jeune contre- Henri II. Ainsi se trouvaient unis par un pacte bizarre le prince qui s'était séparé d'Eléonore et celui qui n'avait pu

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