CHAPITRE VIII
d'hommage féodal, et se fit même livrer de nombreux otages. Il entendait assurer la soumission de ces provinces, qui acceptaient difficilement la domination d'un prince étranger, avec la perspective de voir ainsi disparaître l'antique indépendance dont elles avaient joui sous les ducs de Guyenne, comtes de Poitiers.
Henri se trouvait à Bordeaux pour la fête de Noël ii^b (ii; mais un événement inattendu vint modifier sa situation : le comté de Nantes était dévolu à son frère, Geoffroy, le vaincu d'hier. Après la mort de Conan III. comte de Bretagne 121, le pouvoir était tombé aux mains d'un certain Hoël, qui se disait fils du défunt, bien que son origine fût mal établie. Mais au bout de quelques années d'un gouvernement sans forces, les Nantais se lassèrent et appelèrent le frère du Roi d'Angleterre, qui prit possession de son nouvel État dès les premiers mois de l'an 1137, avant le carême. Si le jeune comte venait à relever un jour sa bannière et à se liguer encore une fois contre Henri II avec la France, la position pouvait devenir difficile pour le Roi d'Angleterre, pris ainsi de front et à revers. Aussi Henri ne perdit-il plus de vue cette situation, et travailla-t-il pendant deux ans à l'améliorer; en quoi il fut étrangement servi par les événements.
Dès l'année suivante, en effet, Geoffroy mourut sans laisser d'héritier. En même temps les Bretons reconnaissaient pour chef Conan comte de Richemont, petitfils de Conan III. Le nouveau comte de Bretagne se mit en possession de la ville de Nantes ; mais Henri II se préparait à intervenir, et c'était en France qu'il cherchait la solution de la question.
Les négociations qu'il entama avec Louis le Jeune