‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 87 sur 294 · Ibid. page 560, ex Chronico Britannico · texte numérisé non relu

Ibid. page 560, ex Chronico Britannico

124 SAINT THOiMAS DE CANTORBERY

avaient deux buts, que le Roi se gardait bien d'avouer : fortifier ses frontières du côté de la Normandie, et acquérir en Bretagne une situation prépondérante qui lui ôtât désormais toute crainte d'être pris à revers, s'il avait à faire tête contre le roi Louis. Thomas reçut mission de conduire cette double campagne diplomatique.

En 1 158 le Chancelier partit pour la cour de France ; il allait demander officiellement la main de Marguerite fille de Louis le Jeune, pour le prince Henri, héritier présomptif de la couronne d'Angleterre. Henri avait trois ans, et Marguerite n'en avait pas encore deux; il fallait qu'il y eût de bonnes raisons pour tant de hâte, et rien ne fut négligé pour assurer le succès. Thomas Becket conduisit son ambassade avec un déploiement de luxe et de magnificence qui dépassait tout ce que Ton savait déjà de lui. On a tant de fois décrit son cortège et l'ordonnance de ce fastueux voyage de Rouen à Paris que c'est devenu un lieu commun. La longue file de lourds chariots, bardés de fer et couverts de peaux de fauves ; l'escadron des jeunes bacheliers, chantant des sirventes en entrant dans les villages de France ; la nombreuse escorte des chevaliers avec leurs écuyers, les clercs de la maison du Chancelier chevauchant devant lui ; on a tout décrit, jusqu'aux redoutables chiens mastiffs, gardiens des chariots, et aux singes bizarrement juchés sur le haut des voitures. Tout cela frappait le peuple, mais Thomas visait surtout à éblouir la Cour. Louis le Jeune l'attendait à Paris, et avait défendu que l'on vendît rien au Chancelier d'Angleterre, se réservant de subvenir à tous les frais d'une royale hospitalité. Thomas l'apprend ; aussitôt il dépêche les officiers de sa maison dans les villes environnantes, avec mission d'y acheter toutes

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