I. R. de Diccto, t. i, page
envoyé à tous les princes des ambassadeurs se disant légats, pour peser sur leurs décisions et faire tomber les couronnes aux pieds d'Octavien. Tant de manœuvres causaient une hésitation très-visible dans les résolutions des rois et un trouble profond dans les consciences qui discernaient mal la vérité, enveloppée qu'elle était d'audacieux mensonges. L'intérêt politique joignait ses dangereux conseils à ceux que pouvait suggérer la prudence, pour rendre plus vacillante encore l'attitude des princes. Henri II spécialement témoignait d'une singulière réserve et d'étranges ménagements pour le parti que soutenait l'Empereur. Des voix éloquentes s'élevaient pourtant en faveur d'Alexandre III, celles par exemple du grand et saint archevêque Pierre de Tarentaise, de saint ^Irède, abbé de Rivaux, dans le royaume même d'Angleterre (i). Aux côtés de Henri, Arnulf de Lisieux s'agitait et se multipliait comme l'homme du moment ; il semblerait, à lire ses lettres, qu'à lui principalement l'Eglise dut rheureuse issue de cette crise, sur les deux rives du détroit. Tout en tenant compte des bonnes intentions qu'il pouvait nourrir, nous ne saurions lire ses lettres au Pape et aux cardinaux sans y remarquer des mensonges caractérisés (2), mêlés à de singuliers aveux sur les raisons toutes politiques d'après lesquelles Henri agissait ou s'abstenait dans cette grave question (3). L'homme qui plaidait ainsi la droiture