CHAPITRE Vin I
des moyens plus prompts, et prit le parti de faire célébrer de suite le mariage. Il s'agissait de deux enfants ; mais il y avait alors en deçà des monts deux cardinaux, Henri de Pise et Guillaume de Pavie, envoyés comme légats du nouveau Pape, Alexandre III. Ils accordèrent, paraît-il, toutes les autorisations sollicitées par la Cour d'Angleterre (i); Louis le Jeune fut donc fort surpris d'apprendre que le 2 novembre 11 160) sa fille venait d'être mariée au jeune prince Henri, à Neufchâtel même, et que remise avait été faite aussitôt par les chevaliers du Temple au Roi Henri du château de Gisors ainsi que des quatre autres désignés naguère. Nouvelle rupture et nouvelle campagne qui marquèrent l'année 1161, pour se terminer par un accord conclu inopinément à Fréteval. Henri garda les conquêtes de sa diplomatie et se hâta de fortifier Gisors, place déjà importante, dont il augmenta la puissance par de nouveaux et importants travaux. Il y avait là désormais une menace permanente à l'adresse de la France ; mais pour le moment, la Normandie, ravagée, épuisée, était désolée par la famine (1162) et Louis n'avait rien à redouter de ce côté.
Tel était le résultat de deux années de guerre, et pourtant les souverains avaient à faire de plus utile besogne. Une grave question agitait alors toute l'Europe ; l'élection du Pape Alexandre III en 11 39 avait été l'occasion d'un schisme, préparé d'avance par Frédéric Barberousse, qui au Pontife légitimement élu opposait l'antipape Octavien. En 1160, un conciliabule présidé par l'Empereur à Pavie, avait tenté de donner à l'intrus le prestige d'une proclamation solennelle et juridiquement faite. Après quoi Barberousse avait