‹ Saint VictriceChapitre 27 sur 101 · Cap. m · texte numérisé non relu

Cap. m

3. Cf. Fila Ei-oilii, clans .-fcia SS., oct., t. IV^, p. 246. I/auleiir raconte qu'Evode fut atlaché à l'église de Rouen dès son enfance, a pucro addictus, Mallieureusement, l'ouvrage, qui n'est jias antérieur à la lin du xi° siècle, manque d'aulorilt'. iMais ce qui est hors de doute, c'est qu'Evode fut le deuxième successeur de Yicliice et gouveina 1 église de Rouen dans la première moitié du V siècle (cf. Sauvage, Elcnchi episcoporiim l<utomar;i'nsium, talileau et références;. On s'c'tonue donc fjuc VOrdo diocésain, jiar un fâcheux anaclironisnie, s'obstine à placer son épiscopat cent ans j)lus lard. Cf. A'acanilard, Fie de saint Oiicri, p. yJ, u. 3.

LEVEQUE DE ROUEN. 49

ment l'œuvre cVapostolat entreprise par saint Victrice, c'est l'introduction de la vie monastique dans son diocèse, ou pour mieux dire dans sa ville épiscopale. Un écrivain du x^ siècle voudrait faire croire que le monaslère de Sainl- Pierre ou des Saints-Apôtres, célèbre plus tard sous le vocable de Saint-Ouen, remonte au temps de saint Clément de Piome, ou du moins fut fondé par saint Denis, premier èvèque de Paris'. Une telle légende n'a pu naître qu'en un temps où les esprits se formaient sur l'origine de l'Église des Gaules les idées les plus étranges et les plus inexactes ^ En réalité, les moines ne firent leur apparition dans notre pays que vers la seconde moitié du iv- siècle. La vie de saint Antoine, que Pévêque d'Alexandrie, Atlianase, exilé, apporta

I. « Qiioddnm mire maguitiulinis moiiasteriuiu, qiiod in suburbio Rotomagensis civitnlis piope muros ejiisdem nrbis tempore l)cati Diouisii ibi edificaUim fuit et ab eodem aposlolico viro dcdicatuin in nomiiie diiodeciin apostolonim die kalendarum Sej)tenil)ri.s, sicul in quadani petra, qiiae ciat in fiindanicnto allaris re|)osita, sciilptuni erat. » rita sanct^e Clirotltildis, cap. xiii, éd. Kruscb. dans Mon. Germ. Iiist. in-4, Rcrtim Meroting. SS., t. II, p. 347. .Sur la valenr de cette fie, cf. Krnsch. lùid. Cf. Vacandard, f^lc de saint Oiic/i, p. yG, n. F.

a. Dora Pommeraye lui-même, d'ordinaire si crédule, rejette celte légende (^Histoire de l'nù/xtye royale de Saint - Oiien, liv. II, cliap. i, ji. iij). Tout ce (jn'on en peut conserver, c'est que la première pierre de l'abbaye fut posée un i" septembre.

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à Trêves, en 336, fut le germe d'où sorlit, sous sa première forme, le monachisme qui envahit l'Occident. Trêves, comme il était juste, en eut les prémices'. Bientôt après, saint Martin le faisait fleurir à Ligugé et à INIarmoutiers". Rouen arrive au troisième rang parmi les villes de Gaule qui virent se développer les institutions monastiques. Et il est manifeste que saint Victrice en emprunta la règle soit à Trêves, soit à Marmoutiers, peut-être dans les deux monastères à la fois.

Il ne s'agit pas encore ici de la vie claustrale, telle que la conçurent ou la pratiquèrent saint Césaire, saint Benoît et saint Colomban. C'est un essai de perfection évangélique dont l'essence consiste dans la fuite du monde et dans l'exercice des moriifications, particulièrement dans le jeûne. Ce qui se passait à Tours peut nous en donner quelque idée. Martin avait commencé par habiter une cellule attenant à sa cathédrale. Mais, pour éviter les imporlunités des visiteurs, il se réfugia bientôt dans un endroit isolé, où le rejoignirent en\iron quatre-vingts disciples. Une petite cellule en bois lui servait d'abri. Nombre de ses compagnons se construisirent des caba-

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