I. De f'irginibu.s,\[\y, III, ciij). iv, n
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de son mari; lout son désir n'embrasse plus qu'un triste monument. Celle-là conserve son amour ;i un époux qui est encore vivant, mais qui s'est laissé toucher par la promesse de l'éternité. Dans des conditions différentes, pareille est la palme de la vertu. Celle-ci, même durant le mariage, a fait, par liorreur et par pudeur, le sacrifice de tout commerce charnel; celle-lii fait le même sacrifice à son mari défunt. C'est là une belle profession de religion, car où il n'y a aucune pensée {du plaisir et) des voluptés, là est le domicile de la chasteté'. »
Ces veuves, ces vierges, ces moines formaient, au sein de l'église de llouen, une élite dont la population tout entière ressentit sûrement linfluence. Nul doute que leur mulliplicalion ne correspondît à un progrès considérable du christianisme dans la cité. Aussi, la cathédrale devintelle bientôt trop étroite pour contenir tous les fidèles. Obligé de l'agrandir, Viclrice jeta les fondements d'une nouvelle basilique à laquelle il donna d'assez vastes dimensions, comme il nous l'apprend lui-même ihins son De Lande sanctonini'.
1. De [.aiidc Saitcloriim. c.np. m, ii" 8. 1. «. l'undiiiiiciila jeciiiuis, paricUs in lungum diixiimis. )) //'ici., caj). XII, n" ay.
Au nombre des saints qu'il énumère clans ce panégyrique figurent saint Gervais et saint Protais. Et cette circonstance a pu faire penser que la basilique construite par ses soins surmontait la crypte de l'église actuelle de Saint-Gervais. C'est l'opinion que développait encore rcceninicnt M. Paul Allard. « L'abbé Cochet, ajoute-t-il, croit avoir retrouvé, en 1846, les fondements et une partie des assises de cette église. On lui donna sans doute dès cette époque le nom de saint Gervais et de saint Protais, non comme les plus illustres des martyrs dont saint Victrice avait reçu les reliques (il y en avait de saint Jean-Baptiste et de plusieurs apôtres), mais comme ceux dont le souvenir était alors le plus populaire à cause de la récente découverte de leur tombeau'. »
Cette opinion, qui ne repose en somme que sur le vocable dont la crypte de Saint-Gervais jouit depuis un temps indéterminé, ne nous paraît pas suffisamment justifiée, llien ne prouve que Victrice y ait transféré lui-même les reliques des martyrs milanais. Et, l'eût-il fait, on ne serait pas encore en droit d'affirmer que la basilique dont il parle soit un autre édifice que la
I. Les Cryptes, dans liaiicn illitslré, lloiicii, Aube-, l. I, p. i.
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cathédrale. Viclrice en désigne remplacement d'une façon assez claire, ce nous semble, lorsqu'il donne h entendre que, pour y accéder, il fallait pénétrer dans l'enceinte de la ville', et surtout lorsqu'il l'appelle, d'un nom selon nous incommunicable, « l'église de la cité* ».
1. « Si qiiis sccularium principum nostram nunc viseret civitatem... maires tecta complurent... Al vero cum marl\ rum triumphus et pompa virtutum iioslru tecta succedunt. » De Lau,le Sanclorum, cap. xii. n° 26.
2. « Eccksiam civitalis. » Jliid.,cap. 11, u" 4. ^^I. Allard nous écrit qu'il a abandonné sou opinion et partage notre sentiment.]