‹ Saint VictriceChapitre 50 sur 101 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

C'est à Victrice lui-même que nous avons emprunté le récit de cette translation solennelle de reliques ; son De Laude Sanctorum nous en a fourni tous les détails. On s'est demandé si l'ouvrage était un discours [oralio] ou un traité [liber). L'auteur lui donne à la fois ces deux litres dans une même phrase'. Selon l'abbé Sauvage, « le De Laude serait un véritable discours qui, dans sa forme primitive, fut réellement prononcé par saint Victrice » en Tlionneur des saints dont les reliques arrivaient à Rouen. Phis tard, « en souvenir de cette solennité et pour y faire en quelque sorte participer les prélats (italiens) auxquels il devait ces trésors, Victrice reprit son discours en sous-œuvre, l'écrivit, le compléta, et même très probablement l'augmenta de plusieurs pas-

I. « Si cui iiostra sorclrl)it oratio, stiidium ccrte ncnliqiiam displicrhit, si (jiiidcm nos vid<'l)it lilnuiu simplici fide exarasso. » De Lande Sanctorum, cap. xi, u" ^.\.

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sages qu'il ne serait peut-être pas malaisé de reconnaître ' » . Celte hypothèse s'impose, en effet, à la simple lecture tle l'ouvrage, qui offre tout à la fois le double caractère d'un discours prononcé d entliousiasme, et d'une thèse dogmatique composée à loisir.

jNous avons déjà signalé et cité en grande partie les pages qui ont le tour oratoire et qui forment proprement le fond du discours. C'est la seconde rédaction, l'ouvrage écrit, que nous voudrions étudier ici. Nous en donnerons une brève analyse et insisterons pUis particulièrement sur la thèse que Victrice v a développée.

L'évéque de Rouen se félicite des richesses spirituelles dont la miséricorde de Dieu et la toute-puissance du Sauveur vient de combler son église. On ne voit pas de tortionnaire, on n'aperçoit pas de glaive tiré du fourreau, et cependant il faut augmenter' le nombre des autels destinés

1 . Discours de réception à l\4cadéinic de Rouen, dans Précis de l'.lcadémic, année 1887-1888, Rouen, 1889, p. 260-261. Les chapitres iv, vii-xi forment une partie philosopliico-lliéologique que l'on peut détacher du discours sans eu rompre le lil et sans en détruire l'harmonie. C'est ce qui caractérise le livre écrit. Le reste est plus à la portée d'un auditoire et a pu être prononcé. Pour r;ittaciier l'un à l'autre les tronçons du discours, joindre cap. VI à cap. xii, n° aS.

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