‹ Saint VictriceChapitre 64 sur 101 · Paulin, Ep. xviu, n · texte numérisé non relu

Paulin, Ep. xviu, n

2. Au iV siècle et inT-mc plus tard, en (îaule, les villes épiscopales n'avaient qu'une paroisse qui était la cathédrale. Mais cela n'empêchait pas l'érection de hasiliques où l'on se réunissait j)our prier. C'est ainsi, par exemple, qu'à Tours le prédécesseur de saint Martin convertit la maison d'un sénateur en basilique. Greg. Tur., Hisl. Franc, lib. x, 3i.

pour le cliant des psaumes ou la prière en commun.

Parmi ces églises, dont le souvenir est perdu, il faut sans doute compter l'oratoire des moines rouennais. Rien n'interdit de penser que la crypte de Saint-Gervais ait été aussi de ce nombre. Victrice a pu construire, comme le veut M. Paul Allard', « au centre du premier cimetière chrétien de la cité, une chapelle destinée h recevoir les restes de ses prédécesseurs, saint Mellon et saint Avitien ». Il lui était facile de détacher du trésor de sa cathédrale, en tout ou en partie, pour en doter le nouveau sanctuaire, les reliques de saint Gervais et de saint Protais. De là, le vocable que Tédifice aurait reçu. Mais nous devons reconnaître qu'aucun document ne nous permet de décider si cette œuvre est la sienne, ou celle de l'un de ses successeurs. Même en raisonnant par analogie, il serait impossible de trancher la question. Si en certains endroits, par exemple à Brescia, l'évêque, qui reçut les reliques des saints Gervais et Protais, se hâta de construire une église en leur honneur", il n'en fut pas de même par-

I. Rouen illustré, t. I, p. 4i /**•* Cryptes. 1. Gaiidcncc, Svrni. xvii. P. Z,., t. XX, col, 939 cl suiv.

tout; à Tours, notamment, saint Martin laissa ce soin à l'un de ses successeurs, Eustoche*. Victrice a pu imiter saint Martin, aussi bien que saiiV Gaudence.

Il nous est du moins facile de concevoir la manière dont il exerça son apostolat au milieu de son diocèse. Ce qu'il fit dans la ^NJorinie et chez les Nerviens, et ce que ses collègues faisaient dans leurs diocèses respectifs, nous en donne une idée exacte.

Le IV® siècle vit naître en Gaule les paroisses rurales'. Le Concile d'Arles de 3i4 en signale déjà rexistcnce dans le midi''. Le nord ne les connut qu'un peu plus tard. A Tours, par exemple, elles n'apparaissent pas avant le dernier quart du siècle. Saint ALirtin en est le premier organisateur*. Une tradition roucnnaise voudrait cependant que saint Mellon, mort peu après l'an 4t>o^% ait fondé, au centre de son diocèse, une église et une paroisse qui devait porter

Page 1