‹ Saint VictriceChapitre 65 sur 101 · Greg. Turou, II'ul. Franc, lil). x, 3i, u · texte numérisé non relu

Greg. Turou, II'ul. Franc, lil). x, 3i, u

2. Sur ce sujet, voy. Imbart de la Tour, Les Paroisses rurales dans l'ancienne France, dans I!ei-iic liislori/pte, avril cl juin iSgG, juin i8<)8.

3. Le canon i8 qui nous parle de tliacones iirhici nous permet de croire qu'il y avait des diacres ruraux.

4- Greg. Turon., Ilist. Franc, lib. x, 3i. 5. Aviiien, successeur de saint Mellon, assiste au concile d'Arles en 3 14.

son nom, Héricourt-cn-Caux, longtemps connue sous le vocable de Bourg-Saint-Mellon *. Ce serait là une œuvre tout exceptionnelle. Les premiers évêques de Rouen se contentèrent, comme leurs collègues des autres ciléç, de former des clirélientés solides et compactes dans leur ville épiscopale, et ne songèrent pas à établir de paroisses dans les campagnes avant d'avoir recrute un clergé nombreux et profondément pieux, capable de les desservir.

Le diocèse de Rouen était extrêmement vaste ; il se composait, comme on sait, de deux anciennes cités gauloises, la cité des Véliocasses et la cité des Calètes, et s'étendait ainsi de Pontoise à la mer, et de la Bresle à la Rislc'. Les voies rciiaines, qui le sillonnaient, furent certainement les principales routes par oii se propagea d'abord l'Evangile. On a remarqué que les cinq ou six bourgades ou vici que saint Martin érigea en paroisses, étaient situées aux carrefours ou sur les bords des voies romaines ^

I. Voy., sur celte tradition, Sauvage, .ictes de saint Mellon, Rouen, 188 î, p. 254 ft suiv. Cf. Hellol, Sainl Me/Ion est- il mort à llêricourt-cn-Caux ? Yvelol, i885, in-8'.

■}.. Sur cette délimitation, cf. Vacandard, T'iv de saint Ouen, Paris, 1902, p. liQ-ias.

3. Greg. Turon., llist. Franc, lih. x, 3i ; Lecoy de la Marche, Saint Martin, p. 217.

C'est que ces localités seules formaient des centres ruraux un peu importants. Le reste de la population, esclaves et colons, vivaient isolés dans les villas seigneuriales. Le territoire sur lequel s'exerça le zèle de saint Victrice offrait vraisemblablement le même aspect. On peut donc présumer que les vici du diocèse de Rouen, qui figurent sur les Itinéraires de celte époque ', tels que Pontoise, Petromanlala (Saint-Gervais"', Radepont, Drionne, Lillebonne, Harfleur, Gravinum, et plusieurs autres dont le nom ne nous est pas parvenu, furent dotés d'une église vers la fin du iv* siècle.

On sait comment procédaient les évêques pour rétablissement de ces paroisses rurales. Une première prédication faite au milieu d'une population idolâtre amenait quelques conversions'. Lorsque les nouveaux baptisés étaient assez nombreux pour constituer une petite communauté chrétienne, l'évéque mettait à leur tête un piètre qu'il détachait de son prcshylerium et

1. Cf. Table de Peulinger, dans E. Dcsjaidins, Gérgrographle de la Gnulc romaine, t. IV\ p. -5 et i36-i3~.

a. Voy. dans Siilpice Sévère (Dlalog. II, 4, P. L., t. XX, col. 2041 comment saint Martin convertit les habitants d'un vicus en allant à Chartres : « Dum vicum quemdam habitantiiim multitudine frequentissinium priclcrimus, obviam nobis immanis turba processif, qiiœ erat Iota gculiliura : nam nemu iu illo vico noverat Christum », etc.

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auquel il donnait pour auxiliaires quelques-uns de ses clercs et de ses moines. On bâtissait une église, tantôt à côté, tantôt sur l'emplacement même d'une idole ou d'un temple détruit. Et le service religieux était organisé sur le modèle de celui qui fonctionnait dans l'église épiscopale. Ainsi Sulpice Sévère et Grégoire de Tours nous représentent la fondation de l'église d'Araboise * et d'autres basiliques par saint Martin, au diocèse de Tours. D'après saint Paulin, Victrice ne procéda pas autrement dans laMorinie*. Nul doute par conséquent qu'il ait suivi la même jiijue de conduite dans l'organisation des paroisses rurales de son diocèse.

Ces nouveaux centres religieux étaient destinés à ravonner autour d'eux et à étendre de proche en proche sur tout le pavs l'influence du cliristianisme. Toutefois, le paganisme ne recula

1. Pour Amboise, Sulpice Sévère nous parle d'un presbytero ibidem consistentc, assisté de clericos et monachos (Dialog. III, 8); Grégoire de Tours [Hist. Franc, lib. x, 3i) nous dit que, pour Amboise et cinq autres vici, IVIartin deslructis dvlubris baptizalisque gentilibus, ccclesias cdificavit.

2. Paulin (Ep. xviii, n. 4) racoute qu'après la mission de Victrice : Fenerabiles et angelici sanctorum chori urbes, oppida, insulas, silvas ecclesiis et moiiasteriis plèbe nume— rosis, pace consonis, célébrant. Par les monasteria il faut sans doute entendre les maisons où vivaient les prêtres, entourés, comme à Amboise, de clercs et de moines qui leur servaient d'auxiliaires.

que très lentement devant l'action, d'ailleurs incessante, du clergé. Pendant plus de deux cents ans encore, il se défendra pied à pied ; les dernières idoles ne tomberont qu'au vu'' siècle, sous l'épiscopat de saint Romain et de saint Ouen. Mais Yictrice fut sûrement de ceux qui prévirent le succès final du christianisme, et on doit lui rendre cette justice que, parmi les évêques de Rouen, nul n"a travaillé plus efficacement que lui h préparer ce triomphe.

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