CHAPITRE IX
Victrice comptait au nombre de ses admira- Ic'ui's un des hommes qui, par sa conversion, SDQ génie littéraire et sa piété, honorèrent le plus rÉglise latine aux environs de l'an 4oo : je veux parler de Pontius INIeropius Paulinus, plus connu sous le nom de saint Paulin de Noie. Ce personnage était d'origine gauloise et de famille sénatoriale'. Né au sein de l'opulence, près de Bordeaux, il avait fréquenté l'école de cette ville, qu'illustrait alors le poète Ausone; et il devait bientôt égaler sinon surpasser son maître dans l'art d'écrire. Sa fortune Tauto- 1 isait èi prétendre à tous les honneurs que dis- [)ensait la Rome des Césars. Jeune encore, il fut
I. Sur saint Paulin, nous renvoyons, d'une façon générale, à SCS OEuvrcs dans ]\Iignc, P. /,., t. LXI, p. i53, et à Lagrange, Histoire de saint Paulin, in-8", Paris, Poushielgue, 1877.
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nommé consul suffeclas^, et revêtit « la pourpre sacrée de Quirinus et la trabée dorée ». On sait, en outre, qu'il administra, en qualité de consulaire, la province de Campauie où il possédait de grands domaines"". Celte fonction le mil en contact avec un martyr qui devait exercer sur sa vie une influence considérable. Il fut, en effet, le témoin des fêtes que la Campanie célébrait en llionueur de saint Félix de Noie. Ce jour-là, lui-même nous l'apprend, fut jetée dans son âme la première semence de salut".
Bientôt on le vit renoncer au monde et se préparer au baptême par les exercices du catéchuménat. Lorsqu'il rencontra pour la première fois Viclrice à Vienne, vers 386, l'eau sainte n'avait pas encore coulé sur son front; sa conversion n'était pas complète : « ses péchés, nous dit-il, et les soucis du siècle enténébraicnt toujours son ànie\ » De longues rénexions sur la vanité des plaisirs et des richesses, voire de la littérature et de la philosophie, le spectacle det^ vertus que le christianisme révélait au monde, et par-dessus tout l'influence discrète d'une épouse