LES RELIQUES DE SAI>T VICTRICE
Les reliques de suint Viclrice constituent, depuis le ix"^ siècle, l'un des trésors du diocèse de Soissons. Déposées primitivement dans l'église du prieuré de Saint-Reray, à Braine , elles y restèrent intégralement jusqu'au jour où Agnès, femme de Robert de Dreux (xii* siècle), en détacha une portion considérable, composée de la tête, d'un fémur, d'un tibia, d'un péroné, d'une omoplate et d'un os iliaque', pour en doter l'église paroissiale de Saint-Nicolas de Braine. Ces reliques furent reconnues par Mgr Langue! de Gergy, évêque de Soissons ^i^i^-i^Si), puis par son successeur Mgr le Febvre de Lau-
I. Dans celle c-iimnrriition des reliques de saint Viclrice, Leheuf (Migne, P. L., l. XX, col. k^i) cile le coccyx au lien de Vos Ul(i(/iii\ mais en i8Gi l'église de Braiue offrit au cardinal de Bonnecliose un os iliaque et conserva l'omoplate, le fémur, l'humérus et le jiéroné ; d'où nous concluons que le coccyx de Leheuf n'était autre que Vos iliaiiiic,
l)rières, qui, après avoir procédé solennellement pendant quatre jours à une enquête juridique, dressa un procès-verbal d'authenticité que l'on possède encore^?) On les exposa et porta en procession, et, en mémoire de cette cérémonie, qui eut lieu le 5 mai 1733, l'évêque de Soissons ordonna que la fête de saint Victrice fût célébrée chaque année à la même date. De nos jours, on la solennise le dimanche le plus rapproché du 5 mai*.
En 1793, l'abhé Maugras, curé constitutionnel de Braine, recueillit les cinq ossements précieux et les transmit à son successeur. Et Mgr Leblanc de Beaulieu, évêque de Soissons, attesta de nouveau leur authenticité en 181 3. Elles furent exposées à la vénération des fidèles dans l'église collégiale, devenue paroissiale, de Saint-Yvcd (ou Évode) -.
On ignore ce qu'est devenu le reste du corps de saint Victrice. Selon Lebeuf, cpii paraît à cet égard très bien informé, un des bras avait été offert dès le xu'^ siècle à l'abbaye de la Charité-sur-Lnire, et une autre partie enrichissait de longue date l'église de Saint-Yved^. C'est à cette église que le chapitre de Rouen s'adressa en 1670 et en 1684 pour obtenir quelques reliques de saint Victrice ^
Mais la Révolution semble n'avoir respecté que les cinq ossements désignés plus haut. Or, en i8Gji,
I. Guérin, f'ies des saints^ t. IX, p. 871 ; cf. Lebeuf, loc. cil,, col. 442.