ÉGLISE ET MAISON DE PE-TANG ( S A I N T - S A U V E U R ) A PEKIN
Les prêtres de la Mission occupent l’établissement de Pé-Tang (paroisse et séminaires) depuis 1783, époque à laquelle ils furent appelés à remplacer les Jésuites dans les missions du Levant. Raux, l’un des premiers missionnaires, devint membre du tribunal de mathématiques et mandarin à Pékin, et le frère Joseph Paris, horloger de la cour. — Les Lazaristes n'ont pas, en Chine, moins de quarante-cinq établissements.
ouverte à la publication de l’Evangile. Les missionnaires profitaient de la faveur ainsi obtenue pour mêler à l’enseignement des sciences profanes celui de la religion et de la morale chrétiennes; ils jetaient dans une multitude d’âmes les semences de la foi, ils formaient des prêtres indigènes, ils recueillaient et élevaient dans le christianisme un grand nombre d’enfants arrachés à une mort certaine et dont ils se servaient ensuite pour convertir leurs compatriotes. Appiani à Canton,
Pedrini à Pékin, propageaient ardemment le règne de Jésus-Christ. En 171 5, grâce à leurs efforts joints à ceux de leurs compagnons d’apostolat, il y avait déjà en Chine plus de trois cents églises et au moins 3oo,ooo chrétiens. La mission se développa au milieu des alternatives de faveur et de disgrâce. Un moment, la persécution fut si terrible qu’elle interrompit tout. A la mort d’Appiani, en 1746, l’établissement tomba. Quarante ans après, les Lazaristes, appelés par Louis XVI à recueillir la succession des Jésuites en Chine et définitivement substitués par la Congrégation de la Propagande aux membres de la Compagnie de Jésus, y envoyèrent de nouveaux missionnaires. L’un de ces derniers venus, le P. Raux, favorablement accueilli à la cour, où l’influence des anciens jésuites français ménageait une entrée aux missionnaires des autres congrégations, se rendit célèbre par sa science ; il travailla à la compilation du calendrier impérial, écrivit en chinois plus de cent ouvrages de religion et d’astronomie, et fut nommé grand mandarin du tribunal des mathématiques.
Dans le Levant comme en Chine, les Lazaristes devinrent les héritiers des Jésuites, lorsqu’une aveugle politique eut fait supprimer en France l’ordre de Saint-Ignace. En 1784, la Mission y comptait déjà sept établissements avec celui de Constantinople. C’est à un fils de saint Vincent de Paul, le docte Viguier, que l’on doit le premier vocabulaire turc qui ait paru en Europe.
L’extension des missions étrangères n’avait pas fait négliger à la Congrégation les autres emplois pour lesquels son saint fondateur l’avait établie. Ses membres continuaient à évangéliser les campagnes avec un succès qui irritait les jansénistes, leurs ennemis.
Fidèles à l’esprit de leur institution, les fils de saint Vincent ne s’occupaient pas moins de former de bons prêtres que de prêcher les peuples. Ils y réussirent si bien, en suivant les préceptes et les pratiques de leur vénérable fondateur, que de graves et saints personnages les pressèrent un instant d’abandonner les missions, tant celles de France que de l’étranger, pour concentrer tous leurs soins sur 1 oeuvre plus utile, selon eux, des séminaires. Mais, à l’exemple de leur Père, qui avait mené à bien les deux oeuvres à la fois, les
LA POSTÉRITÉ
Lazaristes crurent, au grand avantage de l’Église, qu’ils pouvaient les continuer toutes deux sans que l’une nuisît à l’autre. Par cette fidélité à leur vocation primitive, ils servirent à entretenir la foi en France et à porter l’Evangile aux extrémités du monde, en même