‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 129 sur 236 · J.IO · texte numérisé non relu

J.IO

En r66o, la Compagnie ne dirigeait que cinq séminaires, y compris le collège des Bons-Enfants que la Révolution devait, après une longue prospérité, immortaliser dans le sang, sous le nom de séminaire de Saint-Firmin. La situation de ces premiers établissements se régularisa bientôt par l’approbation épiscopale. Celui d’Agen rappelle le nom illustre de Mascaron qui le confirma en 1667. L’institution des séminaires, si heureusement éprouvée par l’expérience, se propagea dans tous les diocèses. Vingt-six nouveaux furent créés de 1661 à 1692. A la fin du dix-huitième siècle, les Lazaristes seuls dirigeaient en France cinquante-trois grands et neuf petits séminaires.

En Italie, ils en eurent un de bonne heure à Rome et deux à Turin : l’un, interne, pour le recrutement de la Compagnie ; l’autre, externe, pour le clergé diocésain. Florence eut le sien dès 1706, et Plaisance vit heureusement passer aux mains des Lazaristes le célèbre collège Alberoni. La persécution même leur fut utile en stimulant leur zèle. A Naples, entravés par les mesures vexatoires du ministre philosophe Tanucci, ils fondèrent en 1761 un séminaire interne qui devint une pépinière féconde d’ouvriers pour les jours meilleurs.

La Pologne fut privilégiée. De Varsovie, les séminaires de la Mission se répandirent rapidement dans le royaume. En moins d’un demi-siècle, de 1667 à 1716, on compte quatorze fondations dans les principales villes. En Autriche, le cardinal Migazzi eût voulu mettre les Lazaristes à la tête de tous les séminaires. Après les avoir établis à Vienne en 1760, il les appelle deux ans après à Vatzen. L’année suivante, à la demande de l’archevêque de Strigonie, primat de Hongrie, les Lazaristes prennent possession du séminaire de Tyrnaw. Le défaut de sujets les empêche de répondre à toutes les demandes.

Si l'on ajoute au séminaire interne établi à Barcelone, en 1704, deux écoles ecclésiastiques créées dans les Indes portugaises, le séminaire fondé à Pékin par le P. Raux, un autre à Macao, enfin celui de Madagascar, qui disparut malheureusement avec M. Manié, on reconnaîtra a ce seul dénombrement que les prêtres de Saint-Lazare,

LA POSTERITE

avec ceux de Saint-Sulpice ensuite, avaient été spécialement marqués par la Providence pour l’exécution du plus important peut-être des décrets disciplinaires du concile de Trente, puisqu’à lui seul il opéra la réforme du clergé, à savoir : la création des grands séminaires. La pensée du saint concile, si féconde pour l’Église, avait trouvé en Vincent de Paul et en son disciple Olier des exécuteurs suscités de Dieu. Avec l’établissement des séminaires s’étendait partout la pratique

Page 1