‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 130 sur 236 · VUE DU GRAND SEMINAIRE DAMIENS · texte numérisé non relu

VUE DU GRAND SEMINAIRE DAMIENS

L’un des premiers conliés aux prêtres de la Mission après la mort de saint Vincent de Paul. Etat actuel. — En 17S9. les Lazaristes dirigeaient en France cinquante-trois grands séminaires et neuf petits, c’est-à-dire presque la moitié des établissements d’éducation ecclésiastique.

si salutaire des retraites ecclésiastiques. A Saint- Lazare, 011 avait construit de nouveaux bâtiments à cet effet, et quand le nombre des cellules était encore insuffisant, ce qui arrivait plus d’une fois, les missionnaires cédaient leur chambre aux retraitants, à l’exemple de leur père qui, en pareille circonstance, n’avait pas hésité à se loger dans l’étable.

Cette prospérité de la Congrégation de la Mission et des oeuvres dont elle s’occupait était due principalement à sa fidélité à conserver l’esprit de son saint instituteur. Vincent de Paul avait eu en Alméras un successeur digne de lui. A peine élu, celui-ci s’annoncait comme

le continuateur exact des vertus du saint que la Mission avait perdu. Tous les supérieurs généraux à son exemple s'appliquèrent principalement à maintenir au sein de la Compagnie la tradition de saint Vincent de Paul. Ils entretenaient une correspondance avec les maisons de France et de l’étranger. Des circulaires, toutes remplies de la pensée et des maximes du saint fondateur, venaient régulièrement rappeler les règles de l’institut, pourvoir à l’administration générale, donner des avertissements et des conseils, tant sur la conduite des membres de la Compagnie que sur la manière de prêcher, de faire les missions et d’enseigner dans les séminaires. M. Bonnet, qui gouverna la Mission de 1711 à 1735, fut, comme M. Alméras, un autre législateur. Celui-ci avait achevé d’organiser la Congrégation sur le plan et d’après les règlements qu’il tenait du fondateur lui-même; celui-là contribua surtout à conserver la famille de saint Vincent dans la pureté de l’orthodoxie et dans les traditions de l’esprit primitif en la préservant, avec autant de vigilance que de fermeté, du contact de l’hérésie janséniste, et en lui recommandant instamment la fuite de toute nouveauté en matière de dogme, de morale et de discipline.

Le bien qu’elle faisait se trouvait multiplié par d’autres congrégations semblables à elle et adonnées aux mêmes fonctions. De son vivant, saint Vincent de Paul avait vu naître la société des prêtres du P. Eudes, qui devint la Congrégation des Eudistes. Plusieurs autres compagnies, comme celle d’Authier de Sisgan établie en Provence, s’étaient formées sur le modèle de la sienne; il y eut même de la part de quelques-unes d’entre elles des projets d’union. Le but de la Mission répondait si bien aux besoins du temps, et la forme en était si convenablement appropriée aux emplois, qu’elle devint, pour ainsi dire, le type de toutes les familles religieuses qui se fondèrent depuis. La congrégation des pères Rédemptoristes , instituée par saint Alphonse de Liguori , celle des Oblats de Marie , établie par Msr Mazenod, qui avait étudié à Monte-Citorio la règle de saint Vincent, celle des Maristes enfin, en dérivent directement. Elles ont même fin, même moyens. Comme la Congrégation de la Mission, elles s'oc-

LA POSTÉRITÉ

Page 1