ROI DE FRANCE
D’après une gravure de Van Schuppen. dix-septième siècle. — Ce prince protégea saint Vincent et ses prêtres, comme l’avait fait le roi Louis XIII, son père. Il donna Bicêtre pour succursale à la Salpêtrière, et dota richement l’hôpital des enfants trouvés de Paris et celui des forçats de Marseille.
pauvres pendant six semaines. « Les prêtres de Saint-Lazare vendirent tout le blé de leurs fermes à prix réduit pour l’approvisionnement de la capitale ; en outre, depuis la mi -décembre jusqu’à Pâques, ils distribuèrent tous les jours, à des heures réglées, du pain et de la soupe à huit ou neuf cents nécessiteux, et ces secours se continuèrent pour plus de deux cents, avec la même régularité, jusqu’au milieu de juillet.
SAINT VINCENT DE PAUE
De toutes les œuvres charitables de saint Vincent de Paul, la plus touchante était celle des enfants trouvés. Le bon père était mort sans en avoir vu le couronnement. Ce qu’il avait si bien commencé, Louis XIV l’acheva. Par un édit de 1(390, le roi accorda aux Enfants- Trouvés des revenus considérables avec l’existence légale; en même temps il unissait dans la même administration cet établissement et l’Hôpital général, avec l’archevêque de Paris, le premier président et le procureur général au Parlement pour premiers directeurs. La maison de la Couche fut transférée plus commodément au Parvis Notre- Dame, et une autre fut fondée au faubourg Saint-Antoine. Jusqu’à la Révolution, ces deux établissements restèrent confiés aux soins maternels des Filles de la Charité. La réputation de bonne tenue qu’ils avaient leur attira, des extrémités mêmes de la France, des milliers d’enfants qui durent la vie et une éducation chrétienne aux filles de saint Vincent. Le nombre des enfants assistés par elles n’était guère que de seize cents à la fin du dix-septième siècle; il s’éleva rapidement jusqu’à trois et quatre mille, et en 1776 il était de près de sept mille. « L’admirable institution de Paris , dit Porquet , s’étendit à toutes nos provinces, et partout les enfants exposés trouvèrent un berceau, des mères, une famille préparée par la religion et par une administration chrétienne. »
L’Hôpital général, fondé sur les plans de saint Vincent de Paul, marqua comme une ère nouvelle dans l’histoire des établissements de bienfaisance. Beaucoup de villes se mirent, à l’exemple de Paris, à rebâtir ou à restaurer leurs hôpitaux. C’est de cette époque et du siècle suivant que datent un grand nombre de ceux qu’on voit encore aujourd’hui. Les cités semblaient rivaliser de magnificence à l’égard des pauvres malades; c’était comme un retour aux beaux siècles du moyen âge, durant lesquels la France se couvrit d’un si grand nombre d’hôtels-Dieu. Un édit de 1672, suivi du règlement général du 12 octobre 1698, vint réorganiser le régime des hospices et maladreries du royaume, en leur donnant une administration uniforme, et en réunissant les petits hôpitaux sous une même direction. Il y avait des abus avant Louis XIV ; il y en eut après. La charité qui