‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 146 sur 236 · LA RESTAURATION · texte numérisé non relu

LA RESTAURATION

Résultats de la Révolution. — Le retour des Filles de la Charité. — Rétablissement de la Congrégation de la Mission. — Epreuves et progrès. — La translation du corps de saint Vincent de Paul. — Une ère nouvelle de charité. — La Société de Saint-Vincent-de-Paul. — Œuvres pour la jeunesse. — Œuvres pour l’âge mûr et la vieillesse. — Les Petites-Sœurs des pauvres. — Accroissement des deux familles de saint Vincent. — Missions étrangères. — Diftusion des Sœurs de charité dans le monde. — Conclusion.

Les promesses de la Révolution n’avaient abouti qu’à la ruine universelle. Tout ce qu’il y avait de bon dans le passé était détruit, sans que rien eût été édifié à la place. Les églises fermées, les institutions de charité abolies, il ne restait au pauvre que la misère et le désespoir. La voix de la souffrance finit par se faire entendre au milieu de cette explosion d’utopies humanitaires qui avaient désorganisé et ensanglanté la France.

Pour remédier aux misères croissantes du peuple, il fallait revenir à la charité. Ce fut vers les filles de saint Vincent de Paul que le gouvernement du 18 brumaire tourna d’abord ses regards. Un arrêté du 14 octobre 1801 les replaça dans les hôpitaux d’où la Révolution les avait expulsées, en constatant « que les secours accordés aux malades ne peuvent être assidûment administrés que par les personnes vouées par état au service des hospices et dirigées par l’enthousiasme de la charité ; que parmi tous les hospices de la République, ceux-là sont administrés avec plus de soins, d’intelligence et d’économie, qui ont appelé dans leur sein les anciennes élèves de cette sublime institution, dont le seul but était de former à tous les actes d’une charité sans bornes. » En conséquence, la « citoyenne Deleau, ci-devant supérieure des Filles de la Charité », fut autorisée à former des élèves pour le service des hospices, et on lui accorda à cet effet la maison hospitalière des Orphelines, rue du Vieux-Colombier.

Après dix années de dispersion, les Filles de Saint-Vincent reparaissaient plus utiles et plus bénies que jamais; semblables à la

colombe de l’arche, elles annonçaient par leur rentrée dans le monde la cessation des orages politiques et le retour de la sérénité sur la terre. Déjà un certain nombre d’entre elles s’étaient rassemblées à

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