‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 157 sur 236 · MAISON CENTRALE DES FILLES DE LA CHARITÉ A GRATZ (AUTRICHE-HONGRIE · texte numérisé non relu

MAISON CENTRALE DES FILLES DE LA CHARITÉ A GRATZ (AUTRICHE-HONGRIE

Madame de Brandis, supérieure et fondatrice de cette maison, y avait d’abord établi une communauté de religieuses hospitalières. En i85i. elle vint à Paris, passa deux années dans la maison mère des Filles de la Charité, puis retourna à Gratz et revêtit, avec toutes ses sœurs, le costume des Filles de la Charité, dont elle adopta en même temps les règles. Quatre ans après, trois cents sœurs étaient déjà sorties de cette maison pour se répandre dans les différentes parties de l’Empiie.

4io

de quelques cotisations d’un sou par semaine, et qui possède aujourd’hui, avec la même aumône multipliée par les fidèles du monde entier, un budget annuel de six millions. Us comptent deux martyrs, MM. Clet et Perboyre, morts pour la foi en Chine, le premier en 1820, le second pendant la terrible persécution de 1840; tous deux admis aux honneurs de l’Église, et déclarés vénérables.

Le prodigieux accroissement de la pieuse milice des Filles de Saint- Vincent-de-Paul est le trait marquant de l’histoire de la charité dans ce siècle. La Révolution les avait supprimées et elles sont aujourd’hui plus de vingt mille répandues dans le monde. A peine rétablies, elles pullulent généreusement. On les voit reprendre bientôt en France tous les postes de dévouement d’où on les avait chassés ; elles pénètrent en Belgique et en Suisse; elles occupent promptement toutes les provinces d’Italie ; elles franchissent les Pyrénées et se répandent en Espagne et en Portugal ; elles traversent le détroit et abordent en Angleterre pour passer en Irlande ; elles vont de nouveau consoler la Pologne et adoucir ses épreuves ; les voici enfin qui traversent les frontières de la Prusse et gagnent l’Autriche. L’Europe n’offrant plus à leur zèle un champ assez vaste, on les voit apparaître en Turquie, en Grèce, en Egypte et en Perse ; les distances ne sont plus rien pour elles : la Chine, l’ile Bourbon, l’Abyssinie, les accueillent avec empressement; elles s’établissent dans l’Amérique du Nord et du Sud; un jour leur suffit pour conquérir les États-Unis : jour heureux, où plus de quatre cents religieuses de Saint-Joseph passent dans leurs rangs et acceptent leurs constitutions. Cette belle colonie doit son origine à Élisabeth Seton et aux exilés français, en particulier aux prêtres de Saint-Sulpice.

C’est surtout au vénérable M. Étienne, l’un des plus éminents supérieurs généraux de la Mission, que la compagnie des Pilles de la Charité doit sa propagation et ses établissements à l’étranger. Ce digne successeur des Alméras et des Cayla écrivait à ses filles, le 8 septembre 1843 : « Les bornes de l’Europe ne suffisent plus pour contenir les efforts de votre charité; tout à coup l’esprit apostolique a éclaté au sein de votre Compagnie; la charité a dilaté les cœurs :

LA POSTERITE

traverser les mers, aller habiter des plages lointaines, s’exposer à tous les dangers, à toutes les persécutions et à tous les sacrifices, tout cela

Page 1