‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 158 sur 236 · PORTRAIT DE M. ÉTIENNE · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE M. ÉTIENNE

Supérieur général de la Mission pendant trente et un ans, mort le 12 mars 1874.

M. Étienne a été le principal restaurateur des œuvres de saint Vincent de Paul au dix-neuvième siècle.

a paru un bonheur et une jouissance. » En effet, les Sœurs de charité sont allées partout, ont embrassé tous les travaux, déployé tous les

héroïsmes, supporté toutes les persécutions. Elles desservent aujourd’hui une grande partie des salles d’asile, des orphelinats, des ouvroirs, des écoles de filles, des hôpitaux et des hospices. Non contentes de se vouer à l’éducation de la jeunesse, au service des pauvres, au soin des malades, et toujours insatiables de dévouement, elles suivent les missionnaires dans les contrées les plus lointaines, les plus barbares ; elles attendent les soldats sur tous les champs de bataille. Comme elles sont journellement à la peine et au sacrifice dans les écoles, au chevet des malades, dans les hôpitaux, on les a vues aussi, à l’occasion, montrer un dévouement au-dessus des forces de leur sexe dans les guerres dont la France, la Russie, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Turquie, la Chine, le Mexique, les États-Unis ont été le théâtre depuis le commencement de ce siècle.

Au combat de Brienne, en 1814, une batterie de canons couvrait l’hôpital de fer et de feu; tout le monde s’était enfui, excepté les trois sœurs qui gardaient les blessés. On les presse de s’en aller aussi : « Non, répond la supérieure, je suis à mon poste et j’y mourrai. Dieu me demanderait un jour ce que je faisais au moment de la bataille de Brienne. » Cependant elle veut faire partir ses compagnes, plus jeunes; celles-ci persistent à partager son dévouement. Un boulet les emporte toutes les trois.

Près des barricades, en 1848, la sœur Rosalie, d’immortelle mémoire,

sauvait, au péril de sa vie, un brave officier. Les émeutiers allaient

le fusiller dans la maison des Filles de la Charité de la rue de *

l’Epée-de-Bois ; la sœur se jette à genoux entre eux et lui, écarte les baïonnettes et offre à ces forcenés une poitrine de femme à percer. Tant de courage les désarme. Mais qui eût osé toucher à la sœur Rosalie? Les révolutionnaires les plus farouches lui obéissaient comme les petits enfants d’une salle d’asile ; son nom était proclamé dans toutes les mansardes de l’ouvrier, et quand elle mourut l’admiration publique lui fit des funérailles de reine. Sur sa tombe on grava ces mots : « A sœur Rosalie, ses amis reconnaissants, les riches et les pauvres. »

Chez la sœur de charité c’est le même héroïsme dans les persécu-

LA POSTERITE

tions et les épidémies. En face de la mort elle dira aux bourreaux, comme cette admirable supérieure de la maison de Thien-Tsen,

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