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CHARITÉ ENVERS LES PAUVRES

Portrait du pape Léon X, par Raphaël, au palais Pitfci, à Florence, seizième siècle. - Léon X approuva solennellement l’établissement des Monts-de-Piété attaqués par les juifs et les usuiiers. Cvtte institution, aujourd'hui dégénérée parmi nous, prêtait sur gages, mais sans intérêts . les Frères Mineuis en uient ^ plus ardents propagateurs.

quait, il faudrait revenir à cette procédure, et Ion y re\iendiait pat une nécessité fatale, acceptée sans scrupule. Il n en coûte pas tant de

INTRODUCTION

traiter ainsi des hommes qu’on est résolu de laisser mourir de faim et qui d’ailleurs, de leur côté, sont très décidés a vivre ou a vendre leur vie.

L’aumône vaut mieux, sans doute; mais l’aumone n est abondante, n’est féconde, ne se perpétue qu’à de certaines conditions. C est la piété qui fait les grands dons et qui les renouvelle; elle ne les fait qu’à la sainteté, et le don le plus grand et le plus fécond de tous, le don de soi-même, est un don spécial de la sainteté même. Otez à Vincent de Paul sa sainteté; laissez-lui seulement sa bonté, son courage, sa haute intelligence, tels qu’il les eut; à supposer qu’un homme puisse posséder dans cette splendeur tant de qualités de cœur et d’esprit, et rester encore modeste et désintéressé sans être saint; malgré toutes ces qualités, malgré toutes ces vertus, Vincent de Paul n’étant plus saint, n’est plus qu’un bon homme qui peut faire de bonnes choses, mais plus rien de grand ni de durable. Il peut distribuer dans son quartier quelques bouillons, quelques vieux habits, donner quelques conseils honnêtes, répandre quelques petits livres, instituer peut-être — c’est beaucoup! — un club de bienfaisance, où le ridicule, l’intrigue et les repas s’introduiront en fort peu de temps.

Il peut maintenir à peu près tout cela tant qu’il aura vie et force.

Qu’il renonce à faire davantage, et surtout qu’il renonce à l’espoir de continuer ce peu de bien après sa mort! Personne ne lui donnera des millions pour nourrir la Lorraine, et ensuite des millions pour

nourrir la Picardie et la Champagne, et après des millions pour

l’Ile-de-France, et encore des millions pour racheter les esclaves des pays barbaresques, et toujours des millions pour les enfants trouvés, pour l’hospice Saint-Laurent, pour les pauvres de Paris, pour les retraitants de Saint-Lazare, pour vingt autres œuvres immenses que l’on connaît, pour cent autres que l’on ne connaît pas; et tout cela pendant cinquante ans de sa vie, et pendant deux cents ans après sa mort.

On ne se dépouille pas pour satisfaire les bonnes idées d’un philanthrope qui n’abandonne jamais lui-même le soin de ses petits intérêts. On fait plus et mieux que se dépouiller pour s’associer à la

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charité et aux mérites d’un saint qui traverse le monde tout revêtu et

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