CHARITÉ DANS LES CALAMITÉS PUBLIQUES
Durant la peste de 1576, à Milan, saint Charles Borromée visite les malades dans leurs maisons ou dans les lazarets, ranimant leur courage, appelant à ses côtés les prêtres et les religieux. — D’après la gravure d’Abraham Bosse, dix-septième siècle.
des hommes saints, des vierges pures viennent encore tous les jours faire cette offrande à son. tombeau.
C’est une folie, disent quelques sages dont les idées, fort différentes de celles-là, ont un grand crédit dans notre époque si sereine et si bien ordonnée. En effet, c’est une folie, la folie de la croix! Mais cette folie relève la dignité des pauvres, les nourrit, les console et entretient dans le peuple ce qu’il y reste de bon sens et de vertu. Remercions Dieu qui n’a point permis que cette folie se tournât en sagesse humaine, et félicitons-nous d’avoir vingt mille Sœurs de Charité et cinquante mille autres religieuses, filles, petites-filles, arrièrepetites-filles de saint Vincent de Paul, de qui vient cette postérité angélique; lolles de la croix, répandues dans les hôpitaux, dans les
INTRODUCTION
prisons, dans les faubourgs, dans les campagnes, pour servir les pauvres sans autre salaire que celui du bœuf qui foule le grain ! Les espérances et les provisions de la pauvreté sont là plus que dans les merveilles de l’industrie, et l’ordre social est mieux défendu par ces humbles petits couvents que par la force, l’ampleur et le nombre des casernes.
Si les pauvres voyaient encore assez
fréquemment, comme autrefois, un seigneur vendre sa terre patrimoniale pour leur en distribuer le prix, et transformer sa dernière maison en hôpital dont il deviendrait le plus attentif infirmier, cette folle action vaudrait bien des brochures sages contre le socialisme. A défaut de ces grands exemples que ne produit plus une société élevée dans l’amour des