LIS VERTUS, FRUITS DES SACREMENTS, AUTRES SOURCES DE CHARITÉ
Fresque de Giotto, à VArena de Padoue, quatorzième siècle. — Dégagée de son voile et de son manteau, pour être plus alerte, l’Espérance a des ailes ; et, gracieusement jetée dans l’espace, ne touchant plus la terre que du bout du pied, elle semble saisir la couronne céleste qui lui est présentée. — « L’Espérance, dit saint Augustin, est un amour qui attend. »
INTRODUCTION
souvent des seigneurs se dépouiller de leurs biens, se dépouiller d eux mêmes, se donner tout entiers à Jésus-Christ, pour le servir dans la personne des pauvres. Comme ces gentilshommes qui vendaient leur terre patrimoniale et brisaient leur épée, de nobles dames en grand nombre, jeunes, bien nées et riches, abandonnaient le monde, îejetaient leurs parures, et dans leurs belles mains apportaient leui foitune et s’offraient pour devenir servantes des pauvres, faisant vœu d’obéissance au pauvre prêtre Vincent, qui au début de sa vie avait gardé les pourceaux ! C’était le regain de la forte foi du moyen âge : les saints le moissonnèrent et la France en a vécu deux siècles; elle
en vit encore.
Dans cette moisson, Vincent fut le plus humble et le plus laborieux ouvrier, il eut la plus large et la plus durable part. Sa communauté, formée en 162 5, puis érigée en congrégation de la Mission sept ans après, fut son principal instrument.
Beaucoup de lecteurs en ce temps-ci, même chrétiens, ne savent pas assez ce que c’est qu’une congrégation religieuse. Pour le bien expliquer, il faudrait faire l’histoire tout entière d’une congrégation, et ce serait l’histoire de plusieurs siècles et de plusieurs peuples. Une congrégation fondée par un homme comme saint Vincent de Paul, comme saint Ignace, c’est cet homme, c’est ce saint lui-même, mais immortel, mais investi d’une puissance qui lui permet d’aller partout en même temps, d’agir et de rester en même temps partout. Au bout de quelques années, la Congrégation de la Mission était établie sur plusieurs points de la France, dans plusieurs pays de l’Europe et jusqu au-delà des mers : les enfants de saint Vincent travaillaient en Italie, en Pologne, en Irlande, en Écosse, chez les Barbaresques, à Madagascar; ou plutôt saint Vincent y travaillait en personne; car 1 esprit et le cœur de ses missionnaires étaient partout son esprit et son cœui . Chacun de ces hommes, qu’il avait choisis et formés, était son imitateur fidèle et lui obéissait comme il obéissait lui-même à Jésus-Chi ist, au mépiis de toutes les fatigues, de toutes les souffrances, au mépiis de la moit. Ee fruit de ce travail était partout tel qu’il lu\ait \ oui u . la sanctification des ouvriers d’abord, ensuite la sancti-