LOTERIE DES ENFANS -TROUVÉS
à Vingt-Quatre Sols le Billet .
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Nom
Pour Loterie*
BILLET DE LOTERIE POUR LES ENFANTS TROUVES Fac-similé d’an billet du dix-septième siècle conservé à la Bibliothèque royale de Bruxelles.
saint Vincent de Paul. C’était en 1 638. A mesure que les ressources augmentaient, le bon père courait à la Couche et ramenait dans ses bras quelques-uns de ces infortunés petits êtres. Comme il aimait cette chère famille adoptive ! La nuit même, en hiver, à l’heure du crime et de la débauche, il s’en allait quelquefois par les rues ramassant ceux des pauvres abandonnés que la Providence mettait sous ses pas. Avec quelle tendresse, sous l’œil peut-être de la malheureuse mère qui guettait son passage, il recueillait l’innocente victime de la misère ou de la faute, qu’il réchauffait sur son cœur et ranimait de ses caresses ! Jamais enfant eut-il langes plus doux que ce saint manteau, relique
immortelle de sa charité, dont il enveloppait leurs petits membres froids ? On rapporte que, dans une de ses expéditions nocturnes, il fut rencontré par des voleurs armés qui voulurent d’abord le dépouiller; mais au nom de Vincent de Paul ils tombèrent à ses genoux pour lui demander sa bénédiction. Les sœurs tenaient un journal de la maison. Un jour on y lisait : « Le pauvre Monsieur Vincent est transi de froid; il nous arrive avec un enfant, il est sevré celui-là; c’est pitié de le voir... Mon Dieu, mon Dieu, qu’il faut avoir le cœur dur pour abandonner ainsi une pauvre petite créature! » Un autre jour : « L’air est bien vif; M. Vincent est venu nous visiter. Il a couru bien vite à ses petits enfants. C’est merveille d’entendre ses douces paroles : les petites créatures l’écoutent comme un père. J’ai vu ses larmes couler : un de nos enfants est mort. « C’est un ange, s’est-il écrié; mais il est «bien dur de ne plus le voir! »
Pendant plusieurs années, le sort continua, faute de ressources, à désigner ceux des enfants de la Couche qui devaient être reçus à la maison de Saint-Victor. Vincent de Paul souffrait dans son cœur de ces préférences; il aurait voulu tout recueillir, tout sauver. Le nombre des délaissés croissait en même temps que celui des adoptés. A la fin, le bon père se décida à mettre cette nouvelle charge sur ses Dames de charité. Il les réunit en assemblée générale, et leur exposa si vivement combien l’œuvre des enfants trouvés était agréable à Dieu et leur serait salutaire, qu’elles s’engagèrent toutes à s’en occuper. Ce n’était point assez : il y intéressa la reine. Après plus de vingt ans de prières et d’attente, la pieuse Anne d’Autriche venait de donner un héritier à la couronne de France. Pour attirer les bénédictions du ciel sur l’enfant à naître, Louis XIII avait mis sa personne et ses États sous la protection de la sainte Vierge, et, en exécution de son vœu, la reine allait élever le beau temple du Val-de-Grâce à Jésus dans sa crèche : Jesu nascenti Virginique mat ri. Quel moment plus propice pour intéresser le cœur de la nouvelle mère aux malheureux - nouveau-nés de la rue? Par la reine, Vincent arriva aussi jusqu’au roi. En deux fois, Louis XIII donna douze mille livres de rente aux pauvres enfants trouvés de Paris, « imitant la piété et la charité de