‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 77 sur 236 · SAINT VINCENT DE PAUL PERE DES ENFANTS ABANDONNÉS · texte numérisé non relu

SAINT VINCENT DE PAUL PERE DES ENFANTS ABANDONNÉS

Groupe de marbre blanc dans l’église de Saint-Sulpice. à Paris. Sculpture de M. Cabuchet

dix-neuvième siècle.

notre Seigneur et Père, qui sont vertus vraiment royales», disait ce monarque, qui fut vraiment père aussi.

Mais les besoins de l’institution ne cessaient d’augmenter. Un grand nombre d’enfants étaient entretenus , et la dépense atteignait quarante mille livres. Les Dames de charité voulaient y renoncer. Vincent de Paul, qui nourrissait dans le même moment la Lorraine, quêtait ou empruntait pour sa chère famille ; Mademoiselle Le Gras et ses filles travaillaient de leurs mains et donnaient tout pour soutenir la dépense. L’œuvre menaçait de tomber. Alors l’homme de Dieu réunit les dames en assemblée. Fallait-il poursuivre ou abandonner l’entreprise? «Vous êtes libres, mesdames, leur dit-il... Mais, avant de prendre une résolution, veuillez réfléchir à ce que vous avez fait, à ce que vous allez faire. Par vos charitables soins, vous avez jusqu’ici conservé la vie à un très grand nombre d’enfants qui, sans ce secours, l’auraient perdue pour le temps et peut-être pour l’éternité. Ces innocents, en apprenant à parler, ont appris à connaître et à servir Dieu. Quelques-uns d’entre eux commencent à travailler et à se mettre en état de n’ètre plus à charge à personne. De si heureux commencements ne présagent-ils pas des suites plus heureuses encore ? » L’auditoire hésitait encore, après toutes les raisons données en faveur de l’institution. Le saint tire de son cœur ce dernier argument, cette péroraison d’une éloquence si grande et si pathétique : « Or sus, mesdames, la compassion et la charité vous ont fait adopter ces petites créatures pour vos enfants. Vous avez été leurs mères selon la grâce , depuis que leurs mères selon la nature les ont abandonnées. Voyez maintenant si vous voulez les abandonner. Cessez d’être leurs mères, pour devenir à présent leurs juges : leur vie et leur mort sont entre vos mains. Je m’en vais prendre les voix et les suffrages : il est temps de prononcer leur arrêt et de savoir si vous ne voulez plus avoir de miséricorde pour eux. Ils vivront, si vous continuez d’en prendre un charitable soin; et au contraire, ils mourront et périront infailliblement, si vous les abandonnez : l’expérience ne vous permet pas d’en douter. »

A la voix du saint, les larmes coulent, la charité vote et l’œuvre est

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